Biomarqueurs, des outils pour prédire l’efficacité d’un traitement

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Avec l’avènement des médicaments d’immunothérapie, les médecins pratiquent une médecine dite « de précision ».

Il s’agit, pour chaque individu, et en fonction des caractéristiques propres aux tumeurs qui l’atteignent, de délivrer le bon traitement, à la bonne dose, avec l’espoir de stimuler son système immunitaire. L’objectif est alors de permettre à ce système immunitaire de contrecarer le développement des cellules tumorales. Mais la réponse est très variable selon les patients, au point que les immunothérapies ne pourront être prescrites qu’à une partie d’entre eux.

Grâce à l’identification de biomarqueurs spécifiques en immunothérapie, nous sommes capables de prédire l’efficacité potentielle d’un traitement

« Ces traitements sont à la fois très coûteux et présentent des effets secondaires parfois importants, explique le Pr Frédérique Penault-Llorca, directrice du CLCC Jean-Perrin, à Clermont-Ferrand (photo). C’est pourquoi il est essentiel, aujourd’hui, de pouvoir prédire quels patients y seront éligibles.  »
Pour y parvenir, les oncologues disposent de biomarqueurs qui sont des anomalies biologiques touchant la cellule tumorale ou son micro-environnement, dont la détermination permet de caractériser les cancers. « Grâce à l’identification de biomarqueurs spécifiques en immunothérapie, nous sommes capables de prédire l’efficacité potentielle d’un traitement, précise le Pr Penault-Llorca. Nous pouvons alors proposer ou non à un patient de recevoir une immunothérapie seule ou en combinaison avec un autre traitement.  » A titre d’exemple, l’expression d’un biomarqueur, le PD-L1, a été associée à des taux de réponse et de survie globale plus élevés dans la plupart des essais cliniques sous traitement anti-PD-1 ou PD-L1 dans les cancers du poumon non à petites cellules.

« Nous utilisons notamment un test d’immunohistochimie (IHC), indique le Pr Penault-Llorca. Dans le cadre de la détection de facteurs prédictifs de réponse à l’immunothérapie, le pathologiste va pouvoir quantifier, sur le prélèvement tumoral, l’expression de PD-L1 par IHC des cellules tumorales et immunes au contact.  »

La mesure de la charge mutationnelle, une approche prometteuse

La recherche de biomarqueurs est désormais très développée, voire systématique dans le cancer du poumon, d’autant que de plus en plus de combinaisons de traitements sont mises au point pour améliorer la survie des patients. Parmi les voies les plus prometteuses, la charge mutationnelle tumorale (TMB, pour Tumor Mutational Bsurden) consiste à quantifier le taux de mutations génétiques des cellules cancéreuses. « Des études récentes montrent qu’un taux de TMB élevé est associé à une efficacité accrue des traitements par immunothérapie. Ces résultats sont très importants, car ils élargissent le type de cancers et le nombre de patients potentiellement éligibles à une immunothérapie. Ils confirment également qu’il faudra s’appuyer sur une combinaison de biomarqueurs pour définir la meilleure stratégie thérapeutique. »

Pierre Mongis