Traiter et prendre soin du patient

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Les soins de support doivent être intégrés dans le parcours de soins du patient en oncologie et ont démontré leur rôle majeur. Mais il reste encore beaucoup à faire pour proposer à tous une prise en charge globale personnalisées.

La prise en charge d’un cancer aujourd’hui passe non seulement par un traitement qui vise à détruire les cellules tumorales mais également par d’autres traitements adaptés selon les symptômes du patient (gestion de la douleur, de la fatigue, de la dénutrition, des difficultés psychologiques et sociales…) appelés Soins de Support. Loin d’être secondaires, ces soins aident le patient à mieux vivre sa maladie et son traitement, améliorent les résultats obtenus sur le contrôle de la tumeur et la qualité de vie. « L’organisation des soins oncologiques de support doit aujourd’hui être pleinement intégrée à la cancérologie, et ce dès le début de la maladie afin de prévenir et traiter les symptômes, et augmenter le contrôle tumoral », explique Ivan Krakowski, oncologue médical au sein de l’institut Bergonié de Bordeaux et Président de l’Association Francophone pour les Soins Oncologiques de Support (AFSOS). Créée en 2008, l’AFSOS a pour mission de promouvoir la connaissance et la mise en œuvre de ces soins, à l’aide d’enquêtes, de référentiels accessibles sur le site www.afsos.orgou sur mobiles et tablettes (application oncologik), de formations diverses dont un congrès et des journées nationaux pour actualisation des référentiels. Un groupe national coopératif de recherche a été mis en place depuis juin 2014 avec le département recherche d’UNICANCER (fédération des Centres de Lutte Contre le Cancer).

Si l’importance de ces soins n’est plus mise en doute, les contraintes économiques et/ou organisationnelles au sein des hôpitaux et des réseaux en ville ne facilitent pas leur déploiement. Décider par exemple de recruter un diététicien plutôt qu’un infirmier est un choix qui doit être réfléchi et argumenté. De plus, la tarification à l’activité (T2A) ne valorise pas la plupart de ces soins, alors même que les preuves de leur contribution majeure sur le contrôle de la maladie sont de plus en plus directes : amélioration de la survie par l’activité physique, amélioration de la survie lorsque les soins oncologiques de support sont appliquées dès le début des soins spécifiques en maladie métastatique … « Les soins oncologiques de support sont la conséquence d’une évolution de la médecine qui se doit d’être plus globale, pluridisciplinaire, et pluri professionnelle. Cette démarche en soins de support doit rassembler les cancérologues et les experts des différents domaines impliqués, et se développer autant à l’hôpital qu’en ville », conclut Ivan Krakowski. Il faut adapter les soins pour prendre en compte la prise en charge des cancers sous l’angle de la chronicité, ce qui était le thème du 7ème congrès National de l’AFSOS du 14 au 16 octobre 2015 à Paris.

Anne Pezet