Vers une plus grande activation des patients

69

Pr Pierre Fournel, chef du département Oncologie médicale au sein de l’Institut de cancérologie de la Loire Lucien-Neuwirth.

En cancérologie, la performance de la prise en charge passe par une autonomisation du patient.

Acteurs de la santé à part entière, les patients jouent désormais un rôle majeur dans leur prise en charge, aux côtés des soignants. Le développement des nouvelles technologies et des objets connectés a modifié notre exercice et ouvert un espace de discussions avec nos patients. Ensemble, nous construisons des solutions nouvelles afin de leur permettre d’être plus souvent acteurs de leur destin de santé.

Ainsi, l’Institut de cancérologie de la Loire Lucien-Neuwirth, situé à côté de Saint-Etienne, établissement public dédié à la prise en charge du cancer, conduit actuellement un essai clinique sur l’activation du patient. Son but : rendre les malades autonomes en leur donnant les clés pour y parvenir. Ainsi, à l’issue d’une formation, leur niveau d’activation sera évalué au travers de questionnaires.

Quant aux personnes atteintes de maladies incurables, elles ont désormais accès à des thérapeutiques innovantes comme l’immunothérapie et les thérapies ciblées orales, qui ont sensiblement allongé leur durée de vie.

Une confiance réciproque s’est instaurée pour que le patient vive mieux avec sa maladie, son traitement, s’en approprie les effets secondaires. Certes, de nombreux malades guérissent, mais avec une gestion des effets indésirables de leurs traitements et des séquelles, même moins fortes.

Quant aux personnes atteintes de maladies incurables, elles ont désormais accès à des thérapeutiques innovantes comme l’immunothérapie et les thérapies ciblées orales, qui ont sensiblement allongé leur durée de vie. Leurs différents traitements sont mieux supportés, assortis de moins de contraintes (prise orale, par exemple, ou injection à l’hôpital toutes les trois semaines), nécessitant une prise en charge ambulatoire. La chronicisation de la maladie s’installe. D’aucuns reprennent une activité professionnelle, font du sport, voyagent. Pour les accompagner, nous nous appuyons sur notre service de soins de support et notre plateforme de coordination pour la gestion des effets secondaires.

Parallèlement, le développement des outils connectés et des applications améliore le suivi. L’éducation a remplacé l’information.

Article extrait du dossier Grand Angle – Spécial Cancer, réalisé par CommEdition, paru dans Le Monde daté du 1er juin 2019