Il touche un Français toutes les quatre minutes, avec 150 000 nouveaux cas par an et 60 000 décès. C’est la troisième cause de mortalité en France, derrière le cancer et l’infarctus du myocarde, mais la première chez les femmes (54 % des décès).

La lutte contre l’accident vasculaire cérébral reste une priorité majeure de santé publique, alors que deux patients sur trois présentent des séquelles plus ou moins graves après un AVC. En vingt ans, la prise en charge des AVC s’est fortement améliorée, avec la présence sur tout le territoire d’Unités neuro-vasculaires ouvertes vingt-quatre heures sur vingt-quatre et spécialisées dans ce type d’urgence. Car, en cas d’AVC, il faut appeler immédiatement le 15 : pour une bonne prise en charge, l’intervention en urgence doit survenir dans les quatre heures. Des campagnes régulières informent la population sur les symptômes d’alerte : paralysie d’une partie du corps, troubles du langage, de la sensibilité, de la vision, de l’équilibre, maux de tête violents…

Avant la pose du diagnostic, un examen d’imagerie cérébrale est nécessaire (scanner ou IRM), afin de différencier la forme hémorragique (saignement dans le cerveau) de la forme ischémique (interruption du flux sanguin à cause d’un caillot). Une fois le diagnostic établi, plusieurs traitements sont possibles. La délivrance par perfusion d’un médicament thrombolytique vise à dissoudre les caillots.

Et une technique récente, la thrombectomie, consiste à extraire le caillot au moyen d’un filet miniature (stent), en passant par l’aine et le réseau artériel, ce qui évite d’avoir à ouvrir le cerveau. Après l’intervention, des médicaments anti-agrégants, antiplaquettaires ou anticoagulants sont prescrits, afin de réduire le risque de formation de nouveaux caillots. Et il est essentiel pour le patient de s’engager dans une rééducation, avec une équipe de spécialistes (kinésithérapeute, ergothérapeute et orthophoniste), afin de récupérer un maximum d’autonomie.

En dépit des progrès réalisés, la prise en charge de l’AVC doit encore être améliorée : aujourd’hui, 500 000 personnes vivent avec les séquelles d’AVC, ce qui constitue la première cause de handicap en France.

Stéphane Corenc

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Article extrait du dossier Grand Angle – Spécial Néphrologie, réalisé par CommEdition, paru dans Le Monde daté du 14 mars 2020