Prendre soin de son foie au quotidien

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Mieux vaut prévenir que guérir : l’expression est d’actualité pour les pathologies hépatiques. Eclairage par le Pr Victor de Lédinghen, hépatologue au CHU de Bordeaux.

Quelles sont les principales pathologies métaboliques évitables du foie ?

La stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD) correspond à la présence de graisse dans le foie. De 15 à 20 % de la population sont concernés. Si cette pathologie est réversible, dans 20 à 30 % des cas elle évolue vers une stéatohépatite non alcoolique (NASH), appelée à tort « maladie du soda ». A ce stade, une fibrose et une inflammation ainsi que la potentielle évolution vers une cirrhose sont associées à la graisse hépatique. Deux affections liées directement à nos modes de vie : 50 % de la population française est en surpoids ou obèse (cohorte Constances).

Il est possible de prévenir, de faire régresser une NAFLD, d’éviter le passage à la NASH ou son aggravation.

Pr Victor de Lédinghen

Comment agir contre la NASH ?

En 2020, le premier traitement de la NASH, dont les résultats préliminaires ont mis en avant une action sur la fibrose, sera disponible en France. Cette alternative sera potentiellement accessible dans le cadre des maladies les plus avancées. Mais l’idéal est de limiter la nécessité de ce type de traitement. Il est possible de prévenir, de faire régresser une NAFLD, d’éviter le passage à la NASH ou son aggravation. Comment  ? En faisant évoluer son alimentation et en pratiquant une activité physique régulière.

Quelles mesures prendre au quotidien pour préserver son foie ?

Modifier favorablement les habitudes peut être très simple. Concernant l’activité, il s’agit de préférer les escaliers aux Escalator ou aux ascenseurs, mais aussi de privilégier le vélo sans assistance électrique ou la marche à pied quand cela est possible. A son rythme, l’objectif est de marcher au moins trente minutes par jour, ou de faire l’équivalent de 7 500 pas. Quant à l’alimentation, le premier élément à réduire est le sucre  : ne plus sucrer les yaourts ou le café, par exemple. Faire attention à la quantité de nourriture est également un levier important. En vieillissant, les besoins nutritifs diminuent. Pour s’adapter à cette évolution, il suffit d’être vigilant sur les quantités en mangeant de tout avec plaisir, sans se resservir. Adopter ces habitudes permet d’avoir un impact positif sur sa santé hépatique, mais aussi cardio-vasculaire, rhumatologique, etc. C’est aussi faire un pied de nez aux inégalités sociales. Tout le monde peut les mettre en place.

Gézabelle Hauray

Article extrait du dossier Grand Angle – Spécial Hépatologie, réalisé par CommEdition, paru dans Le Monde daté du 3 octobre 2019 Photo : DR