Il faut dépister précocement le cancer du poumon

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Face à l’un des cancers les plus fréquents et le plus mortel, le dépistage du cancer du poumon par la réalisation d’un scanner peu irradiant mérite d’être mis en place en France, en complément des dispositifs de prévention, comme c’est déjà le cas en Amérique du Nord, en Angleterre et aux Pays-Bas.

Malgré une efficacité prouvée de ce dispositif dans une étude américaine, la Haute Autorité de Santé française (HAS) souhaitait des données plus poussées avant d’approuver la mise en place d’un dépistage organisé. Ces données européennes ont été apportées avec les résultats de l’étude Nelson menée aux Pays-Bas.

Le dépistage, en identifiant de 25 % à 30 % des cancers à un stade précoce, est une forme d’innovation. Il pourrait être ciblé vers les plus de 50 ans, fumeurs actifs depuis au moins vingt-cinq ans et/ou ayant arrêté depuis moins de dix ans.

Celle-ci reproduit la validité du dépistage, avec une réduction de la mortalité par cancer du poumon de plus de 20 % équivalente à celle de l’étude américaine. Dans l’étude Nelson, ce chiffre atteint 50 % chez les femmes, de plus de plus atteintes par le cancer du poumon.

Ces nouvelles informations méritent d’être prises en compte par la HAS pour que le cancer du poumon rejoigne les autres cancers bénéficiant d’un dépistage organisé. L’objectif est d’augmenter les chances de guérison des personnes souffrant de cancer bronchique en leur permettant d’accéder au traitement curatif du cancer du poumon : la chirurgie, dont la qualité a été grandement améliorée ces dernières années. Le dépistage, en identifiant de 25 % à 30 % des cancers à un stade précoce, est une forme d’innovation. Il pourrait être ciblé vers les plus de 50 ans, fumeurs actifs depuis au moins vingt-cinq ans et/ou ayant arrêté depuis moins de dix ans. Si des expériences pilotes en Picardie montrent la faisabilité du dépistage, ses modalités et l’organisation des soins seront également à étudier pour organiser un circuit efficient et fluide.

Aujourd’hui, nous sommes donc dans l’attente d’un avis débloquant de la HAS.

En attendant la mise en place de ce dépistage organisé, de nombreux experts se sont prononcés en faveur d’un dépistage individuel.

Pr Nicolas Girard, pneumologue et coordinateur de l’Institut du Thorax Curie-Montsouris, à Paris.

 

Article extrait du dossier Grand Angle – Spécial maladies respiratoires, réalisé par CommEdition, paru dans Le Monde daté du 26 janvier 2019