« Renforcer l’information de tous sur la qualité de vie au travail »

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Les travaux d’élaboration du 3ème Plan santé au travail ont été lancés en juin dernier. Le ministre François Rebsamen en décrit les principales thématiques qui seront proposées à tous : acteurs, partenaires sociaux et salariés, afin d’allier intelligence collective et bien-être individuel.

Le deuxième plan santé au travail s’achève en 2014. Est-il prévu de présenter un troisième plan et quelles sont selon vous les priorités d’action pour améliorer la santé au travail ?

Les Plans Santé au Travail ont permis de donner une visibilité politique aux objectifs de développement de la santé et de la sécurité au travail et d’amélioration des conditions de travail qui constituent un enjeu majeur pour notre politique sociale mais aussi pour la compétitivité des entreprises.

Les Plans Santé au Travail, pluriannuels et déclinés au niveau de chaque région, ont permis d’afficher des priorités claires, de renforcer les moyens d’intervention de l’administration du travail en partenariat avec tous les acteurs de la prévention et de progresser dans la connaissance et l’évaluation des risques professionnels.

Le bilan intermédiaire du plan 2010-2014 a permis de constater que des progrès indéniables ont été réalisés en matière de santé et de sécurité au cours des dernières années. Néanmoins, il reste encore à faire. C’est pourquoi, lors de la réunion du Comité permanent du Conseil d’orientation sur les conditions de travail (COCT) du 30 juin 2014, j’ai procédé au lancement officiel des travaux d’élaboration du troisième Plan santé au travail (PST 3).

La démarche d’élaboration de ce PST 3 est largement participative puisqu’elle associe, lors de toutes ses phases, non seulement les administrations concernées et les organismes de Sécurité sociale, mais également les organismes de prévention, des experts et l’ensemble des partenaires sociaux réunis au sein du COCT. Les acteurs régionaux seront également mobilisés dans un second temps par les Direccte.
Sur le fond, les thématiques à inscrire dans le prochain PST sont en cours de discussion au sein du groupe permanent du COCT et seront présentés en décembre. Un des objectifs du PST3 serait de réussir à limiter le nombre des priorités affichées en ciblant sur certains risques ou certains types d’entreprises tout en explorant de nouvelles thématiques. Ainsi, j’ai demandé que soit mise au débat la question de la prévention de l’usure et de la désinsertion professionnelles et du maintien en emploi, thème pour lequel des expérimentations sont en cours et qui devrait devenir une problématique structurante dans le cadre du plan sénior mais aussi du lien à renforcer entre santé au travail et santé publique.  J’ai demandé également de travailler sur les moyens de diffusion de la démarche de Qualité de vie au travail dans les entreprises comme nous y invitent les partenaires sociaux dans l’accord national interprofessionnel signé le 19 juin 2013.

Une enquête récente montre qu’un salarié sur deux s’estime pas ou peu informé sur les dispositifs de suivi de la santé au travail. Comment mieux les informer ?

De nombreux acteurs sont mobilisés pour mieux informer les salariés sur les dispositifs de suivi de la santé au travail. Outre l’information de l’employeur dans le cadre de son obligation de formation à la sécurité et celle des partenaires sociaux via notamment le CHSCT, des acteurs proches de l’entreprise participent à cette information : les médecins du travail, les agents de prévention de la CARSAT et aussi, demain, les complémentaires santé qui vont devenir obligatoires dans toutes les entreprises et qui pourront contribuer à la diffusion de l’information.
Pour apporter sa contribution à la lisibilité de l’information sur ces sujets, le ministère du travail a ouvert un site internet qui s’intitule www.travailler-mieux.gouv.fr qui regroupe les principales thématiques pour aider les salariés et les employeurs à mieux connaitre et donc à mieux comprendre et mieux appliquer la règlementation sur la santé et la sécurité au travail.

Le risque psycho-social est-il aujourd’hui bien appréhendé par les entreprises et les plans de prévention vous paraissent-t-ils de nature à améliorer le bien-être au travail ?

Le thème des risques psychosociaux constitue une bonne illustration de ce que l’on peut trouver sur le site www.travailler-mieux.gouv.fr pour aider les employeurs, les salariés et les représentants du personnel à appréhender cette question, à l’intégrer dans leur document unique d’évaluation des risques et à construire un plan de prévention adapté. Aujourd’hui, la prise de conscience de ce risque psychosocial est désormais acquise, me semble-t-il, mais les solutions sont désormais à rechercher dans une démarche plus large qui implique de revisiter les relations individuelles et collectives de travail. C’est pourquoi, je porte et valorise l’ANI du 19 juin 2013 et préconise aux entreprises d’expérimenter la Qualité de vie au travail qui donne des résultats très intéressants en termes de dynamique positive qui rassemble direction et salariés autour de projets communs et qui allie intelligence collective et bien-être individuel.

Propos recueillis par Arnaud Denville