Maladies silencieuses, les pathologies rénales sont en général découvertes trop tard. Il faut donc améliorer leur dépistage.

La 15e édition de la Semaine du Rein devait se tenir du 7 au 14 mars. Malheureusement, victime du coronavirus Covid-19, elle a été annulée. Cette manifestation s’appuie en effet sur un dépistage gratuit des maladies rénales, proposé dans plusieurs régions. Un dispositif assuré par des personnes bénévoles dialysées et greffées, pour lesquelles « l’épidémie de coronavirus présente des risques pour l’état de santé », indique-t-on chez France Rein, l’association qui organise l’événement avec des professionnels de santé. Selon une estimation de la HAS, 3 millions de personnes ont les reins malades et l’ignorent. La Semaine du Rein a vocation à sensibiliser le public à l’intérêt du dépistage, alors qu’il n’existe pas de symptômes spécifiques et qu’on découvre toujours trop tard ces maladies. Une maladie rénale non détectée débouche souvent sur une insuffisance rénale nécessitant une suppléance : les reins n’assurent plus leur fonction de filtres de l’organisme. Et il faut alors placer le patient en dialyse, en attendant qu’il puisse bénéficier, s’il y est éligible, d’une greffe de rein. « Actuellement, près d’un tiers des patients entrent en dialyse en situation d’urgence, ce qui témoigne d’une surveillance insuffisante du risque de maladie rénale, précise le Dr Thévenin-Lemoine, conseillère médicale de France Rein. Pourtant, le dépistage, qui repose sur un test d’urines (recherche de micro-albuminurie) et un test sanguin (dosage de la créatinine) sont simples à effectuer et peu coûteux. »

Deux facteurs de risque principaux sont impliqués dans l’insuffisance rénale chronique : le diabète de type  2 et/ ou l’hypertension artérielle. « Des examens doivent être faits tous les ans chez ces patients, ajoute le Dr Thévenin-Lemoine. Or ce n’est pas le cas pour la micro-albuminurie, insuffisamment prescrite.  »

Outre le traitement de ces maladies, avec l’objectif d’équilibrer les paramètres biologiques, des mesures diététiques sont nécessaires de même que l’administration de médicaments qui permettent de freiner la dégradation de la fonction rénale. « C’est pourquoi il faut sensibiliser patients et médecins sur la nécessité d’un dépistage régulier. »

Stéphane Corenc

Article extrait du dossier Grand Angle – Spécial Néphrologie, réalisé par CommEdition, paru dans Le Monde daté du 14 mars 2020