Myriad Genetics vient de signer un partenariat inédit avec le Centre de lutte contre le cancer Georges-François Leclerc (CGFL) de Dijon. But de l’accord : maintenir l’accès des patientes françaises à son test MyChoice, un outil décisif pour bien prescrire les traitements contre le cancer de l’ovaire.

C’est un cancer plutôt rare, mais qui touche tout de même environ5  000 femmes chaque année en France. Le cancer de l’ovaire se caractérise par l’apparition de tumeursmalignes sur l’un des deux ovaires, à partir d’une cellule initialement normale mais qui se transforme et se multiplie de façon anarchique. En l’absence de symptômes spécifiques, il reste difficile à détecter et présente le risque de pouvoir s’étendre rapidement à l’ensemble de l’appareil urino-génital, notamment lorsque la taille de la tumeur provoque la rupture de la capsule qui entoure l’ovaire. Diagnostiqué tardivement, le cancer de l’ovaire reste un cancer de mauvais pronostic. Cependant, il existe aujourd’hui de nouvelles solutions thérapeutiques, mais dont l’efficacité dépend du profil génétique des patientes atteintes ou de celui de leur tumeur. Le cancer de l’ovaire est en effet fréquemment lié notamment à la mutation des gènes BRCA1 et 2.

Mesurer le score d’instabilité génétique

Comment s’assurer qu’une patiente atteinte peut être éligible à l’un des traitements actuellement disponibles ? L’entreprise américaine Myriad Genetics, leader dans les tests multigéniques et la médecine de précision, a mis au point MyChoice, le seul test cliniquement validé permettant la prescription de traitements adaptés à la prise en charge de certains cancers de l’ovaire. « Ce test, basé sur la technologie du score d’instabilité génomique (GIS en américain), est mis gratuitement à disposition des patientes françaises depuis janvier 2021, en partenariat avec le laboratoire pharmaceutique concerné, indique Patrick Korman, Vice-Président de Myriad Genetics International et DG France-Benelux-Maghreb. Plus de 4 200 d’entre elles en ont déjà bénéficié. » Prélevés dans les hôpitaux français, puis transmis anonymement par le biais des plateformes génétiques et somatiques françaises aux Etats-Unis, les échantillons tumoraux étaient ensuite analysés par Myriad Genetics, avant retour du diagnostic et décision ou non de délivrer les traitements envisagés. « Validée par les autorités, cette solution transitoire a permis de faire progresser la prise en charge du cancer de l’ovaire, en ciblant les patientes susceptibles de répondre favorablement aux différents traitements possibles », estime Patrick Korman.

Un accord emblématique avec le CGFL de Dijon

Cependant, en l’absence de remboursement – pour le moment – de MyChoice par l’Assurance-Maladie, le recours durable à ce test compagnon appelle de nouveaux modèles d’organisation. « Notre objectif est de donner aux autorités sanitaires les moyens de décision pour permettre un remboursement », précise Patrick Korman.

Dans cette perspective, il est vital que MyChoice reste accessible pour les patientes qui en ont besoin. C’est pourquoi la société américaine a mis en œuvre un engagement fort  : organiser le transfert de sa technologie vers les établissements de référence contre le cancer et les différentes plateformes accréditées, afin que la réalisation des tests puisse s’effectuer en France. « La réalisation locale du test se fait déjà en Allemagne depuis un an, grâce au remboursement préalable par les autorités sanitaires allemandes », signale Patrick Korman. En France, c’est le Centre de lutte contre le cancer de Dijon (CGFL de Dijon) qui inaugure, depuis le 3 mai, ce nouveau dispositif. « La détermination du GIS en France sous le contrôle et la responsabilité des équipes de biologie moléculaire /anatomopathologie françaises est une avancée majeure pour la prise en charge des patientes et, espérons-le, une étape primordiale vers son financement par le système de santé français », avance le Pr Charles Coutant, DG du CGFL. « D’autres centres suivront, avec l’ambition de couvrir l’ensemble du territoire et de permettre à deux fois plus de femmes françaises de bénéficier du traitement le mieux adapté pour elles, grâce aux résultats de la seule technologie validée à cet effet, MyChoice et son score d’instabilité génomique, GIS », ajoute Patrick Korman.

Stéphane Corenc

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Patrick Korman (Myriad Genetics) et le Pr Charles Coutant (CGFL) entourés des responsables cliniques et techniques concernés du CGFL : Dr Laurent Arnould, Dr Leila Bengrine et Dr Romain Boidot, lors de la signature de l’accord, le 3 mai 2022.


Article extrait du dossier Grand Angle spécial Cancer réalisé par CommEdition, parution dans Le Monde daté du 4 juin 2022.

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