Cancer du sein triple négatif : changement de paradigme pour la prévention et la prise en charge

Michel Joly, Président de Gilead France, expose les ambitions du groupe en matière d’oncologie et son engagement dans la lutte contre le cancer du sein triple négatif.

Quel regard portez-vous sur la lutte contre le cancer ?

De nombreux combats restent à mener, en particulier pour certains cancers difficiles à traiter et de mauvais pronostic, même si, en cinq ans, plus d’une soixantaine de nouvelles solutions thérapeutiques ont été mises à disposition des patients. Il y a encore aussi beaucoup à faire en termes de prévention et de lutte contre les inégalités d’accès aux soins. La crise sanitaire a fragilisé certains piliers fondamentaux de la lutte contre le cancer, en particulier le dépistage, et il est essentiel que tous les acteurs engagés se mobilisent collectivement pour éviter les retards de diagnostic et donc les potentielles pertes de chances pour les patients. Notre mission première, en tant qu’entreprise pharmaceutique, est de contribuer à la découverte et à la mise à disposition de médicaments innovants pour les patients. Mais notre rôle va au-delà de la recherche médicale. Chez Gilead, nous nous engageons dans la stratégie de lutte contre le cancer dans son ensemble et nous accompagnons et soutenons des actions de sensibilisation, de prévention et d’accompagnement des patients.

Gilead s’est donné pour objectif de changer les standards de prise en charge thérapeutique de certains cancers difficiles à traiter, méconnus et disposant de peu d’options thérapeutiques. Le cancer du sein triple négatif est l’un de ceux-là.

Quel est l’engagement de Gilead dans la lutte contre le cancer du sein triple négatif plus particulièrement ?

Gilead s’est donné pour objectif de changer les standards de prise en charge thérapeutique de certains cancers difficiles à traiter, méconnus et disposant de peu d’options thérapeutiques. Le cancer du sein triple négatif est l’un de ceux-là. Il s’agit d’une des formes les plus agressives de cancer du sein ayant la particularité de toucher des femmes plus jeunes. Il représente 15 % de l’ensemble des cancers du sein, soit 9 000 patientes diagnostiquées chaque année en France. A un stade métastatique, il est difficile à traiter et il y a un besoin de nouvelles options thérapeutiques potentiellement capables de prolonger la vie des personnes qui en sont atteintes. L’accès à l’innovation est donc important dans ce type de cancer qui progresse rapidement. Face à cet enjeu, Gilead s’est mobilisé pour mettre un traitement innovant à disposition des patientes atteintes de ce cancer à un stade métastatique. Ainsi, nous sommes le premier laboratoire à avoir obtenu un accès précoce en oncologie, il y a tout juste un an, et les patientes françaises ont été parmi les premières à pouvoir bénéficier de ce traitement en Europe.

Quel rôle joue Gilead en matière de prévention dans le cancer du sein ?

La prévention demeure un axe fort pour Gilead. Nous sommes conscients que le dépistage est clé, car plus un cancer est diagnostiqué tôt, mieux il pourra être soigné. Il est donc important que les professionnels de santé et les patients soient davantage informés sur cette maladie. C’est pourquoi Gilead s’engage pour mieux faire connaître le cancer du sein triple négatif et lance cette année une campagne de sensibilisation en marge d’Octobre rose. Nous sommes heureux de nous associer à Emilie Daudin, une personnalité publiquement engagée sur ce sujet, puisqu’elle a elle-même été diagnostiquée de cette maladie. Nous sommes convaincus que plus les jeunes femmes seront sensibilisées sur ce sujet, plus elles adopteront les bons gestes. Notre rôle est également de soutenir des initiatives d’accompagnement pour aider les patients à mieux vivre leur maladie. Par exemple, nous apportons notre soutien institutionnel à l’association Tout le monde contre le cancer dans le déploiement de la tournée L’Echappée Rose, un institut de bien-être itinérant qui permet de proposer des soins de socio-esthétique aux patients et à leurs accompagnants, dans une vingtaine d’hôpitaux en France.

Quel bilan dressez-vous en ce qui concerne les progrès thérapeutiques en oncologie ?

La recherche a fait des progrès ces dernières années avec le développement de nouveaux traitements. Les innovations thérapeutiques s’orientent de plus en plus vers la médecine personnalisée et de précision, et c’est dans ce cadre que s’inscrit la recherche de Gilead. Ainsi, dans le domaine des cancers du sang, Kite, société du groupe Gilead, a été pionnière en thérapie cellulaire. C’est une révolution thérapeutique qui ouvre l’espoir d’une rémission à long terme pour des patients atteints de certains types de lymphome qui n’avaient auparavant que quelques mois d’espérance de vie. A ce jour, trois médicaments anticancéreux de Gilead disposent d’une AMM dans six indications en Europe et/ou aux Etats-Unis.

Nous disposons d’un portefeuille de recherche prometteur, avec 20 molécules en développement, dans 18 indications. Notre recherche s’oriente sur les cancers difficiles à traiter comme les leucémies, les lymphomes, certains cancers du sein, du poumon et de la vessie.

Nous avons comme ambition d’ici à 2030 de mettre à disposition des thérapies innovantes dans plus de 20 indications et nous espérons ainsi agir positivement sur la vie de plus 400 000 personnes atteintes de cancer dans le monde.

Stéphane Corenc


Article extrait du dossier Grand Angle spécial Cancer réalisé par CommEdition, parution dans Le Monde daté du 10 septembre 2022.

Photo : Gilead France / DR