Combattre sur tous les fronts

La Directrice de l’unité Oncologie de Pfizer France, Sandrine Benaroche, décrit les principaux enjeux de la lutte contre le cancer et détaille l’engagement du laboratoire en France.

Quel regard portez-vous sur la stratégie actuelle de lutte contre le cancer ?

La présidence française du Conseil de l’Union européenne, qui s’achèvera fin juin, a été l’occasion, pour le gouvernement, d’affirmer l’engagement de l’Europe dans la lutte contre le cancer. Elle a permis de créer des synergies avec la stratégie décennale annoncée l’an dernier par le président de la République. C’est essentiel, car ce combat prioritaire pour la santé publique exige des moyens importants, des politiques incitatives en termes de R & D et des dispositifs efficaces d’accès précoce aux innovations pour les patients qui en ont besoin. Par l’excellence de ses équipes médicales et scientifiques, la France a un rôle moteur à jouer pour coordonner cet effort à l’échelle européenne. En vingt ans, la succession des plans Cancer a favorisé des progrès importants, contribuant à réduire la mortalité et à améliorer la qualité de vie des patients. Cependant, il y a encore du chemin à parcourir. Je pense notamment à l’accès des patients à l’innovationpar le biais des essais cliniques, dont le système d’évaluation pourrait gagner en agilité pour une meilleure adéquation avec les progrès scientifiques.

Comment Pfizer contribue-t-il à l’effort collectif en France pour réduire le poids des cancers dans la vie quotidienne des Français ?

Nous sommes très impliqués dans l’écosystème français de lutte contre le cancer. Si Pfizer n’est pas, à l’origine, un laboratoire spécialisé en oncologie, nous avons opéré un virage stratégique il y a quinze ans. Et le résultat est là : nous mettons actuellement à disposition en France une quinzaine de traitements et biosimilaires dans les cancers avancésdu sein, du poumon, les cancers génito-urinaires et hématologiques et nous développons 30 molécules, dont 17 en phase 1, 5 en phase 2 et 8en phase 3(1). En France, cette dynamique de recherche clinique s’est traduite par l’inclusion en 2021 de 2 869 patients français. Nos travauxactuels visent à la fois à étendre le nombre d’indications possibles pour ces molécules, mais également à remonter les lignes de traitement, afin que les patients puissent bénéficier de nos innovations à des stades plus précoces. Nous collaborons avec de nombreuses équipes médicales et institutions pour optimiser le potentiel de nos traitements.

Il faut d’abord améliorer l’accès aux traitements innovants, avec l’impératif d’apporter le bon traitement, au bon patient et au bon moment.

Au-delà de l’innovation, un autre enjeu reste majeur, l’accompagnement des patients. Comment vous y engagez-vous concrètement ?

En effet, ce thème de l’accompagnement du parcours de soins est au cœur de notre modèle de valeurs. Nous estimons qu’il est de notre devoir de favoriser l’accompagnement du parcours de soins et de vie des patients, de recueillir leur expérience notamment au travers de données d’efficacité et de tolérance de nos traitements en vie réelle, de faciliter leur réinsertion sociale et professionnelle. Cela se traduit concrètement par des initiatives comme La Vie Autour, pour l’accès aux soins de support, ou encore PactOnco, qui propose des outils d’information et d’accompagnement de la prise en charge à distance. Cette initiative est déclinée dans le cancer du sein métastatique à travers la démarche SeinChrone, qui vise à comprendre les attentes des patientes, à co-construire des solutions adaptées avec les associations, les sociétés savantes et à les déployer à l’échelle des territoires. A travers l’Alliance Merck-Pfizer en immuno-oncologie, nous avons également mis en œuvre une campagne de sensibilisation sur le cancer de la vessie, ainsi que le projet « Patients sans voix », afin de mieux considérer l’expérience des patients dans la démocratie sanitaire. Ces exemples montrent à quel point il est essentiel d’associer les patients aux stratégies thérapeutiques mises en place : c’est une voie de progrès majeure pour améliorer les pronostics face aux cancers.

Quels sont, selon vous, les prochains défis à relever pour obtenir de nouvelles avancées contre le cancer ?

Je l’ai dit, il faut d’abord améliorer l’accès aux traitements innovants, avec l’impératif d’apporter le bon traitement, aubon patient et au bon moment. Il faut également réduire les inégalités d’accès à ces traitements qui restent importantes :nous y contribuons, notamment en mettant à disposition des soignants des biosimilaires, qui permettent un accès durable à l’innovation. Il faut, enfin, investir massivement dans le développement de solutions numériques et dans l’utilisation des données en vie réelle : c’est l’une des principales voies d’avenir pour mieux connaître l’histoire naturelle des tumeurs, mieux cibler les traitements de médecine personnalisée selon les profils génétiques des patients, mieux accompagner le bon usage des médicaments. Pfizer est associé à plusieurs projets de ce type, par exemple avec le soutien de l’article 51-AKO@dom-PICTO ou encore le partenariat avec la start-up Sêmeia, qui vise à relever des signes vitaux et des paramètres biologiques afin de prédire des risques de rupture dans le parcours de soins des patients.

Stéphane Corenc

(1) Données internes en date du 24 mai 2022.

Informations communiquées en collaboration avec le laboratoire Pfizer. PP-UNP-FRA-0419

Article extrait du dossier Grand Angle spécial Cancer réalisé par CommEdition, parution dans Le Monde daté du 4 juin 2022.

Photos : © Pfizer France/ DR