Tumeurs solides : vers la médecine d’ultraprécision

Les cancers du poumon et de la prostate symbolisent aujourd’hui les progrès apportés par la médecine de précision, comme l’explique Mathias Bergeron, Directeur médical Oncologie de Janssen France.

Vous êtes l’un des principaux laboratoires impliqués dans l’innovation thérapeutique. Quelle est votre contribution dans la lutte contre les cancers ?

Janssen est un acteur historique en oncologie, en particulier en hématologie, où nous avons par exemple mis au point les premiers traitements contre la leucémie lymphoïde chronique. Notre potentiel d’innovation dans ce champ thérapeutique reste soutenu, avec l’espoir de proposer de nouvelles solutions dans les prochaines années. Depuis une dizaine d’années, nous sommes également positionnés dans la lutte contre certaines formes de tumeurs solides, notamment le cancer de la prostate et le cancer du poumon. De réels progrès se profilent dans la prise en charge de ces cancers, grâce à l’essor de la médecine de précision, qui permet de proposer des traitements sur mesure en fonction du profil de chaque patient et des caractéristiques de sa maladie.

Quelle est votre approche dans le cancer du poumon ?

L’engagement de Janssen dans le cancer du poumon se traduit notamment par le développement de nouvelles molécules dans le cancer bronchique non à petites cellules (CBNPC) associé à certaines altérations moléculaires. Notre engagement est tout d’abord axé sur la prise en charge de formes avancées de CBNPC associées à des sous-types de mutations rares, là où le besoin médical est particulièrement important. Il s’inscrit également dans la prise en charge de CBNPC associés à des mutations plus courantes, avec pour ambition d’optimiser la prise en charge grâce à l’association de nouvelles options thérapeutiques. La lutte contre le cancer du poumon est entrée dans l’ère de la médecine de précision, grâce aux nouvelles technologie de diagnostic qui permettent de cibler plusieurs dizaines de biomarqueurs et donc quasiment autant de formes de cancers différents. Demain, ce seront de véritables séquences thérapeutiques, adaptées à chaque patient, qui permettront de remporter des victoires décisives.

Comment améliorer la prise en charge du cancer de la prostate, pourtant de meilleur pronostic que le cancer du poumon ?

Si le taux de survie à cinq ans est de plus de 90 %, le cancer de la prostate reste le plus fréquent chez l’homme, à l’origine de 8 100 décès par an(1). L’enjeu de santé publique reste donc majeur. Nous menons de front plusieurs pistes avec comme ligne directrice de transformer l’arsenal thérapeutique actuellement à disposition des patients et des médecins. Cela pour tous les stades de la maladie, du plus précoce au plus tardif. Notre ambition est de participer à faire entrer pleinement le cancer de la prostate dans la médecine de précision, avec plus de solutions adaptées aux spécificités des patients et de leur maladie. Tout cela afin de réduire globalement la mortalité liée à cette maladie.

L’un des enjeux dans la lutte contre le cancer reste de mieux informer et de responsabiliser la population sur la prévention des risques et le dépistage précoce. Etes-vous engagés dans cette voie ?

C’est notre devoir de contribuer à l’effort de pédagogie collective. En ce qui concerne le cancer de la prostate, par exemple, il est évident qu’il faut améliorer la sensibilisation des hommes. Rappelons que le dépistage, basé sur un dosage de PSA et un touché rectal, est recommandé à partir de 50 ans. Nous soutenons un événement organisé par l’AFU le 17 septembre, qui se déroulera sous la forme d’une randonnée cycliste sur le mont Ventoux. Nous menons également le Prostate-Tour, en mettant à disposition des hôpitaux une prostate géante gonflable déployée sur les parvis des centres, ainsi que le Bus Janssen Prostate, qui circulera cet automne dans six villes de France et permettra de sensibiliser le grand public. Ces campagnes sont nécessaires pour lever les tabous et les idées reçues et inciter la population à participer davantage aux actions de prévention.


Cancer du poumon : une information à améliorer

Avec le concours d’Ipsos, Janssen a réalisé récemment une enquête d’opinion sur le cancer du poumon. Des chiffres qui montrent un niveau superficiel de connaissance de cette pathologie… mais également le désir d’être mieux informé sur sa prise en charge. Un tiers des sondés ne savent pas que les traitements sont personnalisables et que chaque cas de cancer est particulier. 69 % demandent plus d’informations sur les examens de diagnostic existants, 74 % désirent connaître le nombre de décès annuels qui y sont liés, 78  % veulent en savoir plus sur les pourcentages de guérison et les différents types de cancers répertoriés, tandis que 75 % souhaitent connaître les différents stades d’évolution de la maladie(2)

Stéphane Corenc

1) https://www.e-cancer.fr/Professionnels-de-sante/Les-chiffres-du-cancer-en-France/Epidemiologie-des-cancers/Les-cancers-les-plus-frequents/Cancer-de-la-prostate
2) Résultats de l’enquête Ispos pour Janssen réalisée en juillet 2022 auprès d’un échantillon de 1 000 répondants de la population française.

Article extrait du dossier Grand Angle spécial Cancer réalisé par CommEdition, parution dans Le Monde daté du 10 septembre 2022.

Photo : Janssen France / DR

Informations communiquées par le laboratoire Janssen – CP-340743 09/2022