Diabète insulino-dépendant : mieux contrôler son diabète grâce à la donnée

Etienne Tichit, Président de Novo Nordisk France, et Philippe Emery, Président d’Abbott France, présentent une innovation consistant à rapprocher les données de glucose et d’insuline grâce à des dispositifs connectés.

Leaders en matière de lutte contre le diabète, pourquoi unissez-vous vos forces ?

Etienne Tichit. Novo Nordisk est une entreprise danoise engagée depuis bientôt cent ans dans la prise en charge du diabète. Nous fournissons environ la moitié de l’insuline mise à sa disposition dans le monde(1).

Nos investissements en recherche et développement portent sur le traitement, le dispositif de dispensation mais aussi la technologie, ce qui nous permet aujourd’hui de proposer une solution connectée. Avec Abbott, leader mondial dans la mesure en continu du glucose, nous avons voulu rendre nos technologies interopérables. En connectant les données de glucose et d’insuline, les personnes vivant avec un diabète peuvent comprendre de façon plus fine l’impact de leur traitement sur les fluctuations du taux de glucose.

Philippe Emery. Entreprise mondiale créée il y a plus de cent trente ans et spécialisée dans les dispositifs médicaux, le diagnostic et les solutions connectées, Abbott a en effet mis au point une technologie innovante en matière de mesure en continu du glucose, qui révolutionne la qualité de vie des personnes vivant avec un diabète. Cette alliance avec Novo Nordisk représente une nouvelle avancée dans la prise en charge des patients. Associer automatiquement les données d’insuline et du glucose en continu peut ainsi contribuer à un meilleur contrôle de la maladie, en tenant compte des événements individualisés de vie.

Comment se traduit concrètement l’union de vos savoir-faire ?

P. E. L’utilisation conjointe des deux solutions de santé connectée est d’une grande simplicité. Pour cela, le patient doit être équipé d’un téléphone compatible avec Android ou IOS. Les données recueillies sont chargées sur une plateforme numérique, où il est possible de les visualiser sous forme de graphiques, pour en faciliter l’interprétation. La finalité : un pilotage plus fin de la gestion du diabète.

E. T. Notre ambition commune est de contribuer à alléger la charge mentale associée à la gestion quotidienne de la maladie. Avoir à tout moment accès à ses données d’insuline en regard de ses données de glucose permet de prendre conscience immédiatement de l’impact de l’exercice physique, d’un épisode de stress, de l’oubli d’une dose d’insuline, d’un repas décalé… Le patient peut alors prendre les bonnes décisions pour atténuer les risques d’hypoglycémie ou d’hyperglycémie.

Disposez-vous de données sur l’intérêt de cette « double innovation » ?

E. T. C’est encore trop tôt, puisque l’interopérabilité de nos technologies est effective depuis peu. Nous souhaitons évaluer l’effet sur la qualité de vie des patients avec une étude actuellement menée dans quatre pays : la Suède, le Danemark, la Belgique et la France. Disposer en temps réel des données conjointes de glycémie et d’insuline pourrait également favoriser l’éducation thérapeutique et la décision partagée entre le patient et les professionnels de santé qui l’accompagnent.

P. E. Pendant les phases d’essais, il a par exemple été mis en évidence certaines pratiques de patients comme l’oubli de la prise d’insuline le dimanche ou le décalage de temps inadapté entre l’injection d’insuline et la prise de repas. De tels dispositifs sont sans conteste des outils performants pour favoriser l’apprentissage de la gestion de la maladie, permettant ainsi de réduire le risque de survenue de complications liées à un diabète mal équilibré. La télésurveillance du diabète prend ainsi tout son sens et entretient la qualité du dialogue soignant-soigné.

Vos entreprises sont par ailleurs très engagées sur le plan environnemental. Comment cela se traduit-il ?

P. E. Nous avons une politique ambitieuse en matière de protection de l’environnement. Nous avons créé notre propre filière de récupération et recyclage de nos capteurs usagés : « EasyToCollect ». Nous travaillons avec une entreprise de recyclage qui transforme et valorise les métaux qu’ils contiennent, grâce à un procédé technologique innovant. Chaque utilisateur de nos solutions est incité à nous réadresser les capteurs usagés, via des enveloppes mises à sa disposition auprès de notre service clients, sur notre site Internet ou via son pharmacien.

E. T. En France, nous lançons actuellement Returpen™, qui vise à donner une deuxième vie à nos stylos injecteurs usagés. Cet ambitieux programme de récupération et de recyclage de nos stylos préremplis illustre notre volonté de maîtriser notre empreinte environnementale tout au long du cycle de vie du produit. Le plastique récupéré permet de fabriquer des chaises et le verre, des globes pour des lampes, grâce à des partenariats avec des marques danoises de design. Des associations de patients, notamment dans le diabète, soutiennent l’initiative.

Jean-Christophe Labaume

(1) Données internes Groupe Novo Nordisk


Article extrait du dossier Grand Angle spécial Diabète réalisé par CommEdition, parution dans Le Monde daté du 14 novembre 2022.

© Novo Nordisk France / DR © Eric Durand-Abbott France / DR

FR22NNG00110 – Novembre 2022 Information communiquée par Novo Nordisk et Abbott