Si l’espérance de vie des femmes est plus importante que celle des hommes (85,3 ans vs 79,2 ans, dernières données Insee), elles sont confrontées à des problématiques médicales qui leur sont propres.

Penser la médecine en fonction du genre est quelque chose de relativement nouveau, qui a débuté à la fin des années 1980 aux Etats-Unis. C’est en 1995 que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) crée le département Genre et Santé de la femme. Pourtant, selon un nouvel article publié dans The Lancet, les femmes sont toujours largement sous-représentées dans les essais cliniques, notamment les études menées sur les maladies cardiovasculaires. En outre, ces pathologies sont devenues la première cause de décès féminin. Les raisons de cette évolution ? Les changements de mode de vie depuis près de trente ans  : tabac, stress, hygiène de vie, etc. En France, les femmes sont même plus exposées aux décès d’origine cardiovasculaire que les hommes.

A tel point que ces pathologies sont sept fois plus meurtrières que le cancer du sein qui, pourtant, était à l’origine de 12 146 décès en France en 2018. Ce cancer, qui touche plus de 58 500 femmes par an (estimation 2018), bénéficie d’une prise en charge de plus en plus précoce. Les femmes sont toujours mieux soignées et la survie des patientes est globalement de 87 %. Au-delà de ces pathologies, c’est le parcours de vie des femmes qui nécessite une attention particulière.

La contraception est une question qui se pose dès le début de l’activité sexuelle dans un contexte qui a considérablement évolué depuis près de dix ans, avec un recours important aux méthodes sans hormones.

De son côté, l’infertilité peut être un sujet. Plus de 3 % des enfants naissent chaque année en France, grâce à l’assistance médicale à la procréation (données 2015). La fertilité féminine peut être perturbée par de nombreuses pathologies, comme les fibromes ou l’endométriose. Plus tard, la ménopause est une étape délicate. Depuis janvier 2021, de nouvelles recommandations françaises éclairent la mise en place du traitement hormonal de la ménopause pour améliorer la prise en charge des femmes et mieux gérer leurs symptômes.

Gézabelle Hauray

Article extrait du dossier Grand Angle spécial Santé des femmes réalisé par CommEdition, parution dans Le Monde daté du 13 janvier 2022.

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