Dans le traitement des pathologies respiratoires, les progrès thérapeutiques sont considérables. Ces avancées récentes permettent une prise en charge personnalisée, plus efficace. Reste l’enjeu de la prévention, avec une couverture vaccinale insuffisante contre la grippe, le Covid-19 ou encore le pneumocoque. L’autre défi : le dépistage organisé du cancer du poumon. Sa faisabilité va enfin être testée en 2026.
Les premiers symptômes des maladies respiratoires sont souvent banalisés, ce qui entraîne un retard dans leur diagnostic.
La BPCO encore trop méconnue
La broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) est un bon exemple de maladie encore méconnue et sous-diagnostiquée. Elle toucherait environ 3,5 millions de personnes en France, avec presque autant de femmes que d’hommes, notamment à cause de l’augmentation du tabagisme féminin. Pourtant, la maladie est toujours associée à des représentations masculines. Les premiers symptômes respiratoires (dyspnée, toux, expectoration, bronchites à répétition …) ne doivent en aucun cas être négligés. Une première biothérapie (anti-IL-4/IL-13) pour le traitement de la BPCO non contrôlée sous trithérapie et avec inflammation de type 2 est désormais disponible.
Asthme sévère, les formes graves mieux traitées
L’asthme toucherait environ 4 millions de personnes en France, dont plus de 60 000 présenteraient un asthme sévère qui ne répond pas (ou faiblement) aux corticoïdes. Les patients continuent alors à avoir des crises d’asthme, des exacerbations, parfois sans s’en inquiéter vraiment, ce qui met leur vie en danger. Or, il existe aujourd’hui des biothérapies qui améliorent les symptômes, la fonction pulmonaire, empêchent la survenue des exacerbations et permettent de diminuer la consommation de corticoïdes.
Cancer du poumon : l’heure du dépistage organisé approche
Chaque année, on estime à près de 31 000 le nombre de décès liés au cancer du poumon. Faute de dépistage, près de trois quarts des cancers sont diagnostiqués à des stades avancés et métastatiques. De grands essais internationaux ont démontré l’efficacité d’une stratégie de dépistage par scanner thoracique à faible dose chez les personnes à risque, ce qui a conduit la Haute Autorité de Santé (HAS) à recommander la mise en place d’expérimentations en vie réelle. En France, cette année, le programme pilote Impulsion, porté par l’Inca, va enfin être lancé. Il s’adresse aux personnes à risque : âgées de 50 à 74 ans, avec une consommation tabagique cumulée d’au moins 20 cigarettes par jour pendant 20 ans, fumeurs actifs ou sevrés depuis moins de quinze ans asymptomatiques. Le dépistage prévoit un accompagnement au sevrage tabagique. Il offre aussi la possibilité de repérage d’autres pathologies liées au tabac (BPCO, maladies cardio-vasculaires…).
La vaccination antipneumococcique élargie à tous les seniors
Les personnes âgées de plus de 65 ans sont tout particulièrement touchées par les pneumonies et les infections invasives à pneumocoque et elles peuvent présenter des formes graves nécessitant des hospitalisations. L’âge est ainsi un critère à part entière pour la vaccination antipneumococcique et elle est désormais recommandée à l’ensemble des adultes de 65 ans et plus. Un vaccin à 20 valences et un autre à 21 valences, administrés à dose unique, sont remboursés.
VRS : un vaccin pour les personnes âgées, mais non remboursé…
Le virus respiratoire syncytial (VRS) est responsable de 80 % des bronchiolites chez les nourrissons, mais il est aussi responsable chez l’adulte d’infections respiratoires aiguës pouvant entraîner des complications graves. La HAS préconise la vaccination des sujets âgés de 75 ans et plus. Elle recommande également la vaccination contre le VRS chez les personnes de 65 ans et plus, présentant des pathologies respiratoires chroniques ou cardiaques. Il existe trois vaccins contre le VRS, mais aucun n’est encore remboursé dans ces indications, ce qui freine leur accès ! Enfin, il ne faut pas oublier la grippe pour laquelle le taux de vaccination demeure insuffisant. Il existe un vaccin haute dose pour les plus de 65 ans et les personnes immuno-déprimées.
Covid-19…
Quant à la vaccination contre le Covid-19, son adhésion reste toujours limitée.
Christine Fallet
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Article extrait du dossier Grand Angle spécial Maladies respiratoires réalisé par CommEdition, parution dans Le Monde daté du 31 janvier 2026.












