Biosimilaires : passer aux actes !

Pr Pascal Paubel, professeur des universités et praticien hospitalier à l’université Paris-Cité

Les débats sur les biosimilaires, aujourd’hui, sont exclusivement économiques. Sur le plan scientifique, il n’y a plus à démontrer l’intérêt des biosimilaires, dont les profils de sécurité et d’efficacité sont parfaitement analogues aux médicaments biologiques de référence. Les conditions exigeantes de recherche et développement de ces spécialités, ainsi que le contrôle extrêmement rigoureux des processus de fabrication et de distribution, permettent de l’affirmer : les biosimilaires constituent une opportunité stratégique pour la soutenabilité financière de l’Assurance-Maladie, mais également une chance pour les patients. Grâce à des coûts de remboursement pouvant baisser au minimum de 30 à 40 %, ces médicaments efficaces augmentent les possibilités de prise en charge des patients, alors que la demande va mécaniquement croître avec le vieillissement de la population.

Aujourd’hui, le défi est de favoriser le recours systématique à ces solutions thérapeutiques, lorsque la pathologie du patient le nécessite. Les pouvoirs publics affichent depuis plus de dix ans leur détermination à soutenir leur progression. Mais, force est de constater que l’instabilité du cadre juridique n’a pas facilité leur déploiement. Si l’objectif de 80 % de biosimilaires est dépassé à l’hôpital, c’est loin d’être le cas sur le marché de ville. La LFSS 2026 apporte trois avancées décisives, avec la mesure tiers payant contre biosimilaires, l’encadrement strict de la mention « non substituable » et la prescription en dénomination commune internationale (DCI). Et le répertoire des spécialités substituables ne cesse de s’élargir. Il reste, cependant, à passer des textes aux actes. La priorité reste de former et d’informer toutes les parties prenantes, en veillant à aligner les messages et les pratiques entre les prescripteurs, les pharmaciens et les patients. Une stratégie volontaire, cohérente et efficace est indispensable pour que chacun en soit convaincu : le biosimilaire doit contribuer à concilier progrès thérapeutique et efficience de la dépense. À la clé, c’est l’avenir de notre système de santé qui est en jeu.



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Article extrait du dossier Grand Angle spécial Biosimilaires réalisé par CommEdition, parution dans Le Monde daté du 14 février 2026.