Maladies rares : norgine, une plateforme européenne en faveur de l’accès aux traitements spécialisés

Forte de son ancrage industriel européen et de son modèle partenarial, l’entreprise accélère son développement dans les maladies rares et l’oncologie pédiatrique, encore marquées par d’importants besoins non couverts. Entretien avec Cyril Tavier, directeur général Norgine France Benelux.


Quelle place occupe Norgine sur le marché mondial ?

Implanté en Europe depuis plus d’un siècle, Norgine est présent dans 18 pays et s’appuie sur deux sites industriels majeurs, à Dreux (France) et à Hengoed (Royaume-Uni). Avec l’ensemble de notre production et de ses matières premières ancrés en Europe, le groupe se positionne comme une plateforme continentale dévolue à l’accès aux traitements spécialisés. Également présent en Australie et via des partenariats aux États-Unis, au Japon et en Chine, Norgine conjugue expertise des écosystèmes de santé nationaux et solide capacité industrielle.

Quel est le modèle de Norgine et en quoi est-il performant ?

Au-delà de notre ancrage industriel, nous disposons d’un modèle agile qui s’appuie sur la croissance externe, les licences et les partenariats. Nous agissons comme un relais pour des biotechs, souvent situées hors d’Europe, qui ne disposent pas de structure pour commercialiser leurs innovations sur le continent. L’entrée de Goldman Sachs au capital en 2022 a marqué un tournant en accélérant le développement du portefeuille produits, notamment dans des aires thérapeutiques à fort besoin médical non couvert, comme les maladies rares en hématologie, gastro-entérologie ou immunologie. L’acquisition de la société française Theravia s’inscrit également dans cette logique, en capitalisant sur des expertises nationales reconnues, notamment dans la drépanocytose. Certains de nos traitements concernent seulement quelques dizaines de patients par an et, sans notre modèle, ils ne seraient jamais disponibles en Europe et ne parviendraient pas au lit du patient.

Pourquoi ce virage vers les maladies rares est-il structurant ?

Parce qu’il répond à un double enjeu, médical et économique : rendre accessibles des traitements pour des pathologies de niche, tout en construisant un modèle soutenable. Entre grandes firmes et biotechs, l’entreprise revendique ainsi une place singulière, tournée vers un objectif central : rapprocher innovations et patients en Europe.

Combler les écarts

En comblant l’écart entre innovation et accès au marché, notre laboratoire permet d’acheminer jusqu’aux patients européens des traitements qui, sans cette infrastructure, resteraient peu ou pas disponibles.

Propos recueillis par Sandrine Mosetti



FR-COR-NP-2600015 – Février 2026
Photo : © Norgine / DR

Article extrait du dossier Grand Angle spécial Maladies rares réalisé par CommEdition, parution dans Le Monde daté du 1er mars 2026.