BPCO : redonner du souffle aux patients


La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une maladie fréquente, mais qui reste pourtant mal connue. Elle entraîne une dégradation progressive de la fonction respiratoire, affectant lourdement la qualité de vie. Sanofi et Regeneron s’engagent pour faire bouger les lignes. Entretien avec Marion Classe, responsable médicale Respiratoire chez Sanofi.

Que sait-on aujourd’hui de la BPCO ?

La BPCO est une pathologie méconnue, donc sous-diagnostiquée. Sa prévalence est estimée à 3,5 millions de personnes en France, soit 7,5% des personnes âgées de plus de 45 ans. Elle est responsable d’environ 20 000 décès par an, et 150 000 personnes sont sous oxygénothérapie de longue durée. Maladie inflammatoire chronique, irréversible, elle s’installe de façon insidieuse. Les principaux facteurs de risque sont le tabagisme (80 % des cas), la pollution et les expositions professionnelles. Par manque de connaissance, les malades négligent les signes précurseurs (toux chronique, expectorations…) qui s’aggravent avec le temps, s’accompagnant d’un essoufflement handicapant. En plus, des épisodes aigus (exacerbations) peuvent survenir, nécessitant parfois une hospitalisation.

Comment se fait la prise en charge ?

La prise en charge est globale, avec toujours des mesures d’hygiène de vie. L’arrêt du tabac est essentiel ainsi que l’activité physique adaptée. Les vaccinations (grippe, pneumocoque, Covid-19) sont recommandées. Quant au traitement médicamenteux, il se fait par paliers en fonction du stade de la maladie  : bronchodilatateurs à courte ou à longue durée d’action, corticoïdes… L’objectif est de contrôler la BPCO, de ralentir sa progression et d’éviter les exacerbations. L’arrivée des premiers traitements biologiques ouvre la voie à des approches complémentaires. En ciblant certaines causes sous-jacentes de la maladie, notamment l’inflammation de type 2, ces innovations pourraient améliorer les perspectives pour certains patients atteints de BPCO.

Quels sont les besoins des patients ?

Nous voulons aller au plus près des besoins des patients, qui sont immenses. Une enquête réalisée par Sanofi avec BVA Xsight en octobre 2024 a montré que deux tiers des Français n’ont jamais entendu parler de la BPCO ! Elle a aussi mis en évidence des patients stigmatisés, culpabilisés et en souffrance psychologique. On découvre que trois quarts d’entre eux ont entendu une remarque culpabilisante comme : « Tu n’avais qu’à pas fumer. » Face à la BPCO, experts et associations appellent à intensifier le dépistage, encourager le sevrage tabagique, mieux coordonner les soins et sensibiliser à la maladie. Sanofi et Regeneron soutiennent le Collectif Droit à Respirer, qui milite pour la mise en place d’un plan national santé respiratoire par les pouvoirs publics.

Propos recueillis par Christine Fallet



Photo : © Benoit Rajau pour Sanofi France / DR

Article extrait du dossier Grand Angle spécial Maladies respiratoires réalisé par CommEdition, parution dans Le Monde daté du 31 janvier 2026.