
Pr Pascal Chanez, Hôpitaux universitaires de Marseille C2VN/Aix Marseille Université.
Face à l’essor des maladies respiratoires chroniques (BPCO, asthme, cancer et fibrose pulmonaire…) et des maladies infectieuses aiguës respiratoires qui sévissent chaque année (grippe, Covid, bronchiolite, pneumonies bactériennes, etc.), la pneumologie se trouve bien au cœur des préoccupations de santé publique, tant pour la prévention (vaccinations) que pour les traitements aigus et chroniques. Pendant la pandémie, les pneumologues ont été largement en première ligne. À l’hôpital et dans les cliniques, nos unités se sont transformées pour accueillir les patients et nous avons été les premiers à lancer des essais cliniques et à définir des critères pour apprécier la gravité et envisager le suivi post-Covid. De plus, les pneumologues, médecins de l’environnement par excellence, sont confrontés au changement climatique, favorisant l’exposition allergénique prolongée, mais ils connaissent aussi l’impact de la pollution industrielle et domestique sur la santé pulmonaire.
La spécialité doit également faire face à l’enjeu de santé environnementale globale et chercher à utiliser des dispositifs inhalés plus frugaux en émissions de carbone. La pneumologie joue donc un rôle clé dans la compréhension et la lutte contre les risques environnementaux. Par ailleurs, la pneumologie est une spécialité qui innove en permanence sur le plan technologique et thérapeutique. Les progrès de l’imagerie médicale et de l’IA permettent d’affiner les diagnostics et de mesurer l’efficacité des traitements. Ainsi, 2026 est une année cruciale par la mise en place du programme pilote Impulsion pour le dépistage organisé du cancer du poumon par TDM thoracique à faible dose. Tous les pneumologues sont engagés dans cette action collective. Quant aux traitements, nous avons une prise en charge personnalisée pour le cancer, grâce aux biothérapies et aux thérapies ciblées, mais aussi pour chaque phénotype d’asthme ou de BPCO. Les pneumologues sont moteurs pour établir des contacts avec les autres spécialités, et des consultations multidisciplinaires se développent avec les ORL et/ou les internistes, par exemple.
L’avenir, c’est également une confrontation avec une population vieillissante en augmentation, immunosénescente par définition, chez laquelle des pathologies respiratoires aiguës sont attendues, mais on diagnostique aussi des pathologies chroniques respiratoires, même à un âge avancé. Enfin, la Fondation du Souffle, organe fédérateur de la pneumologie, fait vivre la recherche en santé respiratoire et a même été aux côtés de l’équipe du film La Petite Dernière (qui parle d’asthme), récompensé par le prix Louis-Deluc, le Goncourt du cinéma français !
Propos recueillis par Christine Fallet
Photo : © Cyr-Emmeric Bidard / DR
Article extrait du dossier Grand Angle spécial Maladies respiratoires réalisé par CommEdition, parution dans Le Monde daté du 31 janvier 2026.












