La maladie rénale chronique reste un défi majeur de santé publique. Difficile à diagnostiquer, elle engage la qualité de vie des patients.


Pathologie insidieuse, évolutive, aux conséquences potentiellement graves pour la santé des patients atteints, la maladie rénale se traduit par un dysfonctionnement progressif des reins. Ces organes, qui ont pour rôle de filtrer le sang, veillent à maintenir constante la composition du sang, à produire des hormones et des vitamines comme la vitamine D et à contrôler la tension artérielle. En cas de maladie rénale, des substances nocives pour l’organisme s’accumulent, contribuant à détériorer la filtration du sang. Le risque est alors d’évoluer vers ce qu’on appelle l’insuffisance rénale chronique : le patient doit obligatoirement entrer en dialyse, afin de « nettoyer » son sang par le biais d’un équipement médical spécifique. Et c’est également à ce stade que peut être envisagée une greffe de rein, une intervention chirurgicale lourde et qui nécessite de prendre à vie des traitements anti-rejet.

Aujourd’hui, on estime que de 7 à 10 % de la population en France est concernée par la MRC, dont près de 100 000 à un stade dit « terminal ». À défaut de symptômes spécifiques, la maladie rénale chronique est le plus souvent dépistée à un stade avancé. Pourtant, le diagnostic est facile à poser, grâce à deux examens de référence. Un test urinaire, d’abord, vise à détecter la présence d’albumine dans les urines, signe de défection de la fonction rénale. Ce test doit le plus souvent être complété par une prise de sang : le but est de doser le taux de créatinine, un déchet de l’organisme mal éliminé en cas de maladie rénale, mais également d’évaluer le débit de filtration glomérulaire (soit la capacité des reins à éliminer les déchets de l’organisme). À partir de ces examens, il revient au médecin de graduer le taux d’insuffisance rénale du patient, avec cinq stades de sévérité possibles. Du 7 au 14 mars, la 21e édition de la Semaine nationale du Rein se tient dans toute la France, avec la mobilisation des associations et des professionnels de santé pour promouvoir le dépistage. Un geste d’autant plus essentiel que des traitements très efficaces permettent aujourd’hui de freiner le cours de la maladie. Beaucoup de spécialistes le disent : grâce au progrès thérapeutique, la dialyse, qui touche 43 000 personnes actuellement, pourrait, à terme, ne plus être une fatalité pour une majorité de malades.

Lucie Bréchot



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Article extrait du dossier Grand Angle spécial Néphrologie réalisé par CommEdition, parution dans Le Monde daté du 12 mars 2026.