Le dépistage et la prévention jouent un rôle essentiel dans la détection de certains cancers gynécologiques. Plus ils sont diagnostiqués à un stade précoce et plus les traitements seront efficaces.

Si les femmes vivent plus longtemps que les hommes (espérance de vie à la naissance de 85,8 ans, contre 80,1 ans), des inégalités persistent, notamment dans l’accès aux soins, essentiellement pour des raisons socio-économiques. De nombreuses actions ont pourtant été mises en place, mais le dépistage régulier des pathologies gynécologiques reste encore trop peu effectué.

Une démarche à adopter dès l’adolescence

Les infections à papillomavirus (HPV) sont très fréquentes et elles peuvent évoluer vers des cancers : environ 3 000 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus sont diagnostiqués chaque année et 30 000 lésions précancéreuses sont détectées par frottis cervical. Cette fréquence justifie l’indication d’une vaccination contre les virus HPV, recommandée à partir de 11 ans chez les filles et les garçons et, depuis décembre 2025, le rattrapage est possible jusqu’à 26 ans. Une première campagne de vaccination a eu lieu dans les collèges pour les élèves de 11 à 14 ans pendant l’années scolaire 2023-2024 et a permis une augmentation de la couverture vaccinale. Le bilan de la deuxième campagne de vaccination menée au collège dans les classes de 5e au cours de l’année scolaire 2024-2025 vient d’être publié : la couverture vaccinale contre les infections à HPV des enfants nés en 2012 est estimée, pour au moins une dose, à 54 % chez les filles et à 43 % chez les garçons. Des progrès encourageants, mais encore insuffisants pour espérer, à court terme, une élimination du cancer du col ! À partir de 25 ans, les femmes peuvent bénéficier du dépistage organisé du cancer du col de l’utérus. Un frottis cervical doit être réalisé entre 25 et 26 ans, puis à 29 ans si les résultats sont normaux. Mais, là encore, le frottis est un examen négligé par les femmes : près de 40 % ne l’ont pas fait dans les trois ans. D’autres cancers gynécologiques sont fréquents, mais moins connus : le cancer de l’ovaire (5 300 cas par an) et le cancer de l’endomètre (8 400 cas par an). Il n’existe pas de dépistage organisé et ce sont les facteurs de risque et les signes cliniques qui doivent alerter. Pour tous ces cancers, d’importants progrès ont été accomplis (traitements ciblés, immunothérapies…).

Dépistage organisé du cancer du sein : moins de 1 femme sur 2 y participe

Le cancer du sein reste le plus fréquent, avec plus de 61 000 nouveaux cas par an, en augmentation constante depuis plusieurs décennies. Il représente 33 % des cas de cancers de la femme, et plus de 80 % des cas se déclarent après 50 ans, avec un âge moyen au moment du diagnostic à 64 ans. Cependant, son taux de mortalité diminue d’année en année, grâce à l’amélioration des traitements et par un dépistage de plus en plus adapté au niveau de risque de chaque femme.

La détection précoce joue un rôle crucial dans l’amélioration des taux de survie

Il est ainsi recommandé, dès l’âge de 25 ans, la pratique d’un examen mammaire annuel chez toutes les femmes avec ou sans facteurs de risque. Après l’âge de 50 ans et jusqu’à 74 ans, un dépistage organisé est proposé, basé sur un examen clinique mammaire et la réalisation d’une mammographie tous les deux ans. Malheureusement, la participation des femmes est loin d’être optimale : en 2023-2024, 46,3 % des femmes invitées ont participé au dépistage organisé. À ce taux s’ajoutent 11 % de femmes se faisant dépister dans le cadre d’une démarche de détection individuelle. Les lignes bougent, mais des efforts sont encore nécessaires pour en faire bénéficier toutes les femmes concernées.

Christine Fallet



Photo : © Gaëlle Abrard- CNGOF / DR

Article extrait du dossier Grand Angle spécial Santé des femmes réalisé par CommEdition, parution dans Le Monde daté du 24 janvier 2026.