L’édition 2018 du congrès de l’American Society of Clinical Oncology, qui se tient du 1er au 5 juin à Chicago, s’annonce, cette année encore, riche en publications. L’occasion pour les oncologues de présenter les résultats très prometteurs des nouvelles thérapeutiques, en cours de développement.

L’arsenal thérapeutique s’est considérablement élargi pour soigner les cancers. Des innovations majeures continuent ainsi de marquer le domaine oncologique et hématologique. Ces nouveaux traitements sont porteurs d’une révolution médicale : immunothérapie des cancers avec les anti-PD-1/PD-L1 et anti-CTLA4 et les thérapies cellulaires CAR T, approches agnostiques des tumeurs chez l’adulte et chez l’enfant, médecine de précision, détection de facteurs prédictifs de réponse à la chimiothérapie… Les médecins ont désormais à leur disposition toute une palette thérapeutique, pour traiter de plus en plus de tumeurs solides et hématologiques. Ils combinent déjà plusieurs approches, de la chimiothérapie avec des traitements d’immunothérapie notamment, pour construire le schéma le plus adapté et le plus personnalisé.

Le bon traitement pour le bon patient

Si ces nouveaux traitements font preuve chez certains patients d’une efficacité spectaculaire, tous les malades n’y répondent pas. De surcroît, ces thérapeutiques sont à la fois très coûteuses et présentent des risques toxicologiques élevés. Il est donc essentiel de pouvoir prédire quels patients y seront éligibles. Pour y parvenir, la recherche des biomarqueurs, qui signent la présence d’une maladie, permet d’évaluer la portée d’un traitement en termes d’efficacité potentielle. Autre difficulté : en France, des freins à l’accès à l’innovation subsistent. Le délai reste encore trop long entre l’approbation des traitements par l’Agence européenne des médicaments (EMA) et leur accès aux patients. En outre, l’Hexagone met encore trop de temps pour autoriser l’inclusion de patients français dans des essais cliniques, comparé à d’autres pays. Au-delà du médicament, l’absence de valorisation de certaines innovations (administration par voie orale, radiologie interventionnelle, prise en charge des douleurs rebelles par morphine intrathécale, applications d’e-santé de suivi des patients…) ne permet pas non plus leur développement rapide en France.

Pour lever les freins à ces innovations médicales, des oncologues estiment ainsi que la diffusion de l’innovation devrait donc être davantage accompagnée et gérée par l’hôpital.

Christine Colmont

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