Le congrès de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO), qui se tiendra à Chicago du 31 mai au 4 juin, va mettre en avant les derniers progrès accomplis en cancérologie. Les patients jouent désormais un rôle majeur dans leur prise en charge, aux côtés des soignants.

Les succès des immunothérapies, des thérapies ciblées et de la thérapie cellulaire ne se démentent pas. Les avancées, qui n’ont jamais été aussi rapides, sont spectaculaires. La recherche en cancérologie est devenue l’une des plus fructueuses du domaine de la santé. Les chiffres sont éloquents : depuis 1991, le taux de mortalité dû aux cancers a ainsi chuté de 27 %, selon les données communiquées par l’ASCO. Et les avancées notables, jusqu’alors sur les cancers courants, permettent aujourd’hui de lutter aussi contre des cancers rares. Les médecins ont ainsi à leur disposition une palette d’approches de plus en plus étendue. Ils combinent déjà plusieurs thérapies, de la chimiothérapie avec des traitements d’immunothérapie, pour construire le schéma le plus adapté et le plus personnalisé. L’approche de combinaisons de nouvelles immunothérapies et de thérapies cellulaires (CAR-T) donne d’ailleurs des résultats très prometteurs en hématologie mais sur un petit nombre de patients.

D’ici à 2026, le nombre de personnes encore en vie cinq ans ou plus après un cancer diagnostiqué devrait s’accroître de 31 %.

Combinaisons de traitements et médecine personnalisée

La personnalisation des traitements en fonction des phénotypes tumoraux des patients devient également de plus en plus précise. L’existence de marqueurs moléculaires exprimés par les tumeurs optimise le choix des thérapies ciblées et de l’immunothérapie, laquelle est très efficace dans certains cancers comme ceux du poumon et du rein, le mélanome et certaines tumeurs rares. Acteurs de la santé à part entière, les patients jouent désormais un rôle majeur dans leur prise en charge, aux côtés des soignants.

Le développement des nouvelles technologies et des objets connectés a ouvert, parallèlement, un espace de discussions soignants-patients. D’ici à 2026, le nombre de personnes encore en vie cinq ans ou plus après un cancer diagnostiqué devrait s’accroître de 31 %. Toutefois, si les nouveaux traitements font preuve, chez certains patients, d’une efficacité spectaculaire, tous n’y répondent pas. Et si de nombreux malades guérissent, c’est avec, à la clé, une gestion des effets indésirables de leurs traitements et des séquelles, même moins fortes. L’un des grands chantiers qui s’ouvrent aujourd’hui deviendra donc de savoir si d’autres mécanismes immunitaires ne pourraient pas être exploités et si d’autres combinaisons de traitements pourraient être tentées.

Christine Colmont

Article extrait du dossier Grand Angle – Spécial Cancer, réalisé par CommEdition, paru dans Le Monde daté du 1er juin 2019

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