Poursuivre la recherche aujourd’hui pour la guérison demain

Les innovations thérapeutiques ont profondément transformé la prise en charge de certains cancers. Aujourd’hui, MSD explore de nouvelles voies de recherche pour accélérer ces progrès. Échange avec le Dr Philippe Bonnard, directeur médical Oncologie MSD France.

Peut-on aujourd’hui envisager la guérison de certains cancers ?

Photo Philippe Bonnard MSD
Dr Philippe Bonnard

Les progrès réalisés contre le cancer, au cours des dernières années, sont considérables. Ils reposent sur une meilleure compréhension de la maladie, sur les avancées de la médecine de précision et sur de nouvelles innovations thérapeutiques. L’arrivée de l’immunothérapie il y a dix ans a, par exemple, marqué un tournant majeur en oncologie. En réactivant les défenses immunitaires de l’organisme contre les cellules cancéreuses, elle a permis des progrès spectaculaires dans certains cancers de mauvais pronostic. C’est notamment le cas du mélanome ou du cancer du poumon métastatiques, pour lesquels certains patients peuvent aujourd’hui vivre de nombreuses années sans rechute, ni progression de leur maladie. Ces résultats ont permis d’envisager, pour certains patients, une perspective qui paraissait encore inaccessible il y a quelques années : celle de la guérison. L’enjeu est désormais d’étendre ces bénéfices à davantage de cancers, grâce à la médecine de précision et à de nouvelles approches thérapeutiques, toujours plus personnalisées.

MSD est pionnier dans l’immunothérapie appliquée au cancer. Pourquoi continuez-vous à investir dans ce domaine ?

L’ambition est d’aller plus loin en associant l’immunothérapie à de nouveaux mécanismes d’action afin d’améliorer les résultats pour davantage de patients. Parmi les pistes étudiées figurent les anticorps conjugués, véritables « chevaux de Troie » thérapeutiques, qui ciblent la cellule cancéreuse pour y délivrer directement leur charge active. Autre voie prometteuse : les anticorps bispécifiques, capables de rapprocher les cellules immunitaires des cellules tumorales afin de favoriser leur destruction. Nous travaillons également sur l’association de l’immunothérapie aux thérapies néo-antigéniques individualisées, appelées communément « vaccins thérapeutiques », qui utilisent l’ARN messager pour concevoir un traitement adapté aux caractéristiques biologiques propres à chaque tumeur. L’objectif est de développer des traitements toujours plus précis, plus personnalisés et plus efficaces, en s’appuyant sur l’immunothérapie qui demeure aujourd’hui un pilier majeur de la prise en charge du cancer.

Le congrès de l’ESMO s’ouvre aujourd’hui. Comment la recherche en oncologie continue-t-elle de progresser pour répondre aux besoins des patients ?

Le congrès de l’ESMO est une vitrine internationale qui permet de partager nos avancées avec l’ensemble de la communauté médicale. Pour MSD, c’est l’occasion de présenter des données dans plus de 20 types de cancer, illustrant la richesse et la dynamique d’un pipeline en oncologie qui continue de faire émerger de nouvelles approches thérapeutiques pour répondre à des besoins médicaux encore insuffisamment couverts. Mais la recherche contre le cancer est avant tout un effort collectif. L’ESMO est donc aussi l’occasion de mettre en lumière la contribution des centres hospitaliers français, qui jouent un rôle majeur dans le développement de ces innovations. En France, MSD conduit près de 130 essais cliniques en oncologie dans environ 600 sites de recherche, impliquant près de 1 500 patients. Ces collaborations sont essentielles pour faire progresser les connaissances et développer les traitements de demain, dans un même objectif : prolonger la vie des patients atteints de cancer, améliorer leur qualité de vie et viser la guérison.
Sandrine Mosetti ]

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Défis de l’oncologie L’innovation sur tous les fronts

À l’ESMO, congrès majeur de cancérologie, les progrès récents ouvrent de nouvelles perspectives. Mais l’accès aux soins pour tous reste un enjeu. Le point avec le Pr Jean-Yves Blay, directeur du Centre Léon Bérard, à Lyon.

Quelles sont selon vous les grandes avancées scientifiques qui pourraient faire évoluer la prise en charge des patients demain ?

Les progrès dans le diagnostic et le traitement des cancers s’accélèrent, comme le montrent les innovations présentées à l’ESMO. Parmi elles, les anticorps-drogues conjugués (ADC) ciblent les cellules tumorales pour y délivrer une chimiothérapie. Ils transforment le pronostic de certains cancers réputés incurables, avec des effets indésirables souvent moins marqués ou différents de ceux des chimiothérapies classiques. Les thérapies ciblées progressent aussi, avec de nouveaux médicaments utilisés plus tôt pour limiter le risque de rechute. L’immunothérapie poursuit ses avancées avec de nouveaux concepts : vaccins personnalisés, anticorps bispécifiques rapprochant les cellules immunitaires des cellules cancéreuses. L’objectif est d’améliorer la survie, voire de guérir, même si le recul reste court pour certaines innovations.

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Pr Jean-Yves BLAY

Au-delà des traitements, quelles innovations vont transformer la prise en charge des patients dans les prochaines années ?

Pour certains cancers complexes, le regroupement des soins dans des centres spécialisés dits « de référence » rassemblant les patients et la recherche innovante améliore les chances de survie, avec des bénéfices comparables à ceux de nouveaux médicaments. L’intelligence artificielle constitue une autre révolution : elle fait gagner du temps aux soignants et aide à mieux diagnostiquer et traiter les patients, par exemple grâce à l’analyse des images et des dossiers. Mais ces outils doivent être rigoureusement évalués pour garantir leur fiabilité et la reproductibilité des résultats.

Comment concilier l’accélération de l’innovation avec les enjeux très concrets d’accès aux soins et d’équité entre les patients et les territoires ?

Le nombre de cancers augmente, développer davantage la prévention est essentiel. Alors que les chiffres de l’OMS confirment que nous manquons de médecins et de soignants, l’équité exige de pouvoir entrer dans le système de soins rapidement par la bonne porte et d’arriver au bon endroit. L’accès aux innovations est également crucial. Or, la France a perdu des places dans la compétition internationale de la recherche et l’accès aux nouveaux médicaments reste souvent trop long. Nous savons comment corriger cette trajectoire : il faut se donner des exigences de résultats, voilà l’essentiel. S. M. ]

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Article extrait du dossier Expertises spécial Cancer réalisé par CommEdition, parution dans Le Parisien daté du 23 octobre 2026.