Tribune • MASH : LES MÉDECINS DANS LES STARTING-BLOCKS

Pr Jérôme Boursier, chef du service d’hépato-gastro-entérologie et oncologie digestive au CHU d’Angers. 

La stéatose hépatique, c’est-à-dire un excès de graisse dans le foie, concerne aujourd’hui près d’un tiers de la population générale.
Chez environ 25 % des patients, cet excès de gras provoque une inflammation du foie : on parle alors de stéatohépatite métabolique, ou MASH. Les formes avancées de cette maladie concernent près de 220 000 personnes en France, avec un haut risque d’évolution vers les complications de la cirrhose et le cancer du foie. Les projections sont préoccupantes, car la MASH est étroitement liée à nos modes de vie modernes, marqués par la sédentarité et une alimentation transformée.

Jusqu’ici, il n’existait pas de traitement efficace contre la MASH, et 2026 marque un véritable tournant : les traitements sont là. Une nouvelle thérapeutique est aujourd’hui disponible en accès précoce pour les patients présentant une fibrose précirrhotique, tandis que les traitements de l’obésité peuvent également être proposés à certains patients atteints de MASH. D’autres classes thérapeutiques sont en développement et l’arsenal devrait encore s’étoffer, car la recherche dans le domaine est très dynamique. Dès lors, le dépistage devient un enjeu central, car la MASH est une maladie silencieuse : quand les symptômes apparaissent, le patient est déjà au stade des complications.

Or les outils existent et sont scientifiquement validés : le parcours doit débuter par un test sanguin simple (le FIB-4), puis, si nécessaire, se poursuivre par un FibroScan® – sorte d’échographie qui permet de mesurer la dureté du foie – ou un test sanguin spécialisé avant l’orientation vers le spécialiste. Le paradoxe est qu’en France ces tests spécialisés ne sont toujours pas remboursés dans la MASH, et mettre à disposition des traitements sans donner les moyens d’identifier les patients apparaît très contradictoire. 2026 est donc une année charnière, car toutes les conditions sont enfin réunies pour une prise en charge efficace de la MASH : outils de dépistage, traitements disponibles et médecins prêts à agir.

Reste désormais à tous les acteurs concernés et aux pouvoirs publics à se mobiliser pour organiser le parcours du patient dans ce sens. •

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Article extrait du dossier Grand Angle spécial Hépatologie réalisé par CommEdition, parution dans Le Monde daté du 8 octobre 2026.