
Premier cancer chez les femmes, le cancer du sein profite de la médecine de précision, mais l’accès égalitaire sur tout le territoire reste un enjeu qui mobilise les différentes parties prenantes.
Avec plus de 61 000 nouveaux diagnostics en 2023, le cancer du sein demeure le cancer le plus fréquent chez les femmes. Depuis plusieurs années, la prise en charge du cancer du sein connaît l’émergence d’une stratégie de désescalade thérapeutique guidée par la médecine de précision. L’objectif n’est plus seulement d’intensifier les traitements pour réduire le risque de récidive, mais également d’identifier les patientes pouvant bénéficier d’approches moins lourdes sans compromettre leur pronostic. Les progrès réalisés dans la caractérisation moléculaire des tumeurs, grâce aux signatures génomiques, aux biomarqueurs prédictifs et à l’analyse de l’ADN tumoral circulant, permettent aujourd’hui une évaluation plus fine du risque individuel. Parallèlement, l’enrichissement de l’arsenal thérapeutique permet de proposer des traitements plus ciblés et adaptés à chaque patiente. La vigilance reste cependant de mise pour garantir un accès égalitaire sur tout le territoire, tout au long du parcours, comme l’indique le quatrième axe de travail de la Stratégie décennale 2021-2030 de lutte contre le cancer. La structuration des données de santé avec la mise en place d’un registre national des cancers y contribuera. Cet outil, dont la mise en œuvre a fait l’objet d’un décret d’application voté fin décembre 2025, a pour objectif la surveillance épidémiologique des cancers. Jusqu’à présent, cette dernière reposait uniquement sur des registres locaux couvrant 20 % à 24 % de la population adulte. Le remboursement en droit commun des tests génomiques est également un levier majeur de l’accès à la médecine de précision de manière égalitaire sur l’ensemble de l’Hexagone. Pour cela, les différentes parties prenantes, dont la Société française de Médecine prédictive et personnalisée (SFMPP), se mobilisent lors des États généraux de la médecine génomique (EGMG) qui se tiennent du 7 au 9 octobre 2026 à Paris. L’égalité d’accès doit être garantie sur l’intégralité du parcours, y compris lors de l’après-cancer. Cette période de transition, marquée par la vulnérabilité, nécessite aussi un accompagnement, notamment dans la reprise professionnelle. L’adoption généralisée du plan personnalisé de l’après-cancer (PPAC) pourrait y contribuer. • Gézabelle Hauray
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