La prise en charge du cancer du sein ne cesse de progresser

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Réunir différents spécialistes, établir des recommandations de prise en charge et renforcer les liens avec les instances nationales est le rôle de la SFSPM qui se réunit à Avignon du 7 au 9 novembre.

Une 40e édition qui abordera quatre décennies de progrès. Parmi lesquels le dépistage organisé du cancer du sein entre 50 et 74 ans, qui a permis une prise en charge précoce de tumeurs de petite taille, dont 75 à 80 % sont inférieures à 2 cm, sans envahissement ganglionnaire dans 85 % des cas. Une amélioration basée également sur une seconde lecture des clichés et sur l’optimisation de l’échographie, à laquelle l’IRM vient prêter main-forte dans certains cas. A l’imagerie s’ajoute la macro biopsie qui précise le diagnostic.

Autant d’éléments qui ont réduit les taux de mastectomie à 25-27 %, des chiffres identiques sont constatés pour les curages axillaires. L’analyse des ganglions sentinelles permet d’éviter cette intervention aux séquelles invalidantes (œdème du bras, douleur). Diminution des effets indésirables et équivalence de l’efficacité sont également au rendez-vous avec la radiothérapie hypofractionnée.

Les nouvelles chimiothérapies sont mieux adaptées, de même que les anticorps monoclonaux.

De leur côté, les hormonothérapies augmentent la survie à long terme au prix de certains effets indésirables, tout comme la suppression ovarienne, envisagée en cas de haut risque de rechute chez les femmes jeunes. La génétique, quant à elle, permet d’agir en amont, en identifiant la présence de mutations des gènes BRCA1, BRCA2 ou PALB2. Pour ces femmes à haut risque de cancer du sein ou de l’ovaire, un suivi rapproché est mis en place et une chirurgie préventive peut être proposée.

Complémentaires, ces armes sont choisies dans le cadre de réunions de concertation pluridisciplinaires, en tenant compte des patientes, de leur choix, de leur qualité de vie, tout comme les soins de support dispensés (diététique, activité physique, psychologie, etc.). Des soutiens dont les associations de patientes sont partie prenante.

Dr Bruno Cutuli, cancérologue radiothérapeute à Reims, et président de la Société française de Sénologie et de Pathologie mammaire (SFSPM).

Article extrait du dossier Grand Angle Cancer du sein, réalisé par CommEdition, paru dans Le Monde daté du 13 octobre 2018