Le cancer du sein chez les femmes jeunes

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Le congrès de la SFSPM, qui n’a pas pu avoir lieu cette année, devait traiter du cancer du sein aux âges extrêmes, notamment celui de la femme jeune. 58  500 nouveaux cas ont été diagnostiqués en 2018, dont 5 % avant 40 ans. Puberté avant
11 ans, nulliparité, première grossesse après 33-35 ans, antécédents d’hyperplasie atypique ou de néoplasie lobulaire in situ, exposition à des radiations à fortes doses pendant l’enfance ou l’adolescence pour maladie de Hodgkin et antécédents familiaux font partie des facteurs de risque. De plus, de 8 à 10 % des femmes de moins de 40 ans présentent des formes génétiques de la maladie (mutation confirmée). Sans dépistage organisé, les diagnostics des jeunes femmes sont presque toujours cliniques, à des stades souvent plus avancés. Ces cancers sont fréquemment de haut grade avec une surexpression de HER2 (20-25 %). De 15 à 18  % de ces cancers sont dits « triples négatifs », sans récepteurs hormonaux, ce qui limite les options thérapeutiques  : chimiothérapie, chirurgie et radiothérapie. En cas de cancer hormono-dépendant, l’hormonothérapie, prescrite pendant cinq à dix ans en fonction de l’étendue de la maladie initiale, permet de limiter le risque de rechute. La chimiothérapie peut impacter la fonction ovocytaire. Le désir d’enfant doit être pris en compte en proposant une cryoconservation et en limitant le recours aux traitements gonadotoxiques.

De leur côté, les soins de support améliorent la qualité de vie. Trois heures d’activité physique hebdomadaires réduisent de 20 à 25  % le risque de rechute, contrôlent la prise poids et diminuent l’impact psychologique et la fatigue. L’alimentation de type régime méditerranéen permet également de limiter surpoids et obésité, facteurs de risque indépendants de rechute. Les femmes doivent également surmonter les tabous et demander un accompagnement en cas de troubles gynécologiques comme perte de libido, sécheresse vaginale, etc. Encourager à se fixer des objectifs (sport, voyage, nouvel emploi, etc.) permet en outre de mieux surmonter la période de traitement.

Article extrait du dossier Grand Angle – Spécial Hémophilie , réalisé par CommEdition, paru dans Le Monde daté du 31 octobre 2020

© S Joris Bolomey -FSPM / DR