Pathologies de l’œil : une dynamique de recherche constante

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José-Alain Sahel

Pr José-Alain Sahel, directeur de l’Institut de la Vision (UPMC, Inserm, CNRS, CHNO des Quinze-Vingts), Chef de service au CHNO des Quinze-Vingts et à la Fondation Ophtalmologique A. de Rothschild (Paris).

« Imagerie photonique et à base d’ultrasons, rétine artificielle, thérapie génique, cellules souches : les avancées technologiques et biomédicales foisonnent dans le domaine de l’ophtalmologie. L’Institut de la Vision est un lieu où l’innovation peut voir le jour quelle que soit son origine, tous les blocages injustifiés y ayant été abolis entre les disciplines ou entre acteurs publics et privés, comme l’atteste son label Institut Carnot. Nous y développons et testons avec nos patients les recherches prometteuses issues nos propres projets ou d’autres équipes. La présence et la confiance des patients au sein d’un site qui mêle recherche académique, clinique et industrielle, et où près de 260 chercheurs et des dizaines de cliniciens et d’industriels travaillent de concert font notre force.

Ces résultats reflètent le travail conjoint des équipes publiques et privées. Au sein de l’Institut de la Vision, nous portons l’innovation mais c’est aussi l’innovation qui nous porte.

Pour soutenir ces innovations, plus de dix plateformes technologiques de pointe ont été déployées, comme par exemple l’imagerie 4D à très haute résolution en collaboration avec l’Institut Langevin (ESPCI), soutenue par un financement important du Conseil Européen de la Recherche. Nous sommes également impliqués avec Valentina Emiliani (Paris V, CNRS) dans le consortium américain « Brain Project » afin d’obtenir des images fonctionnelles par holographie des tissus neuronaux. Ces avancées en imagerie vont nous permettre de mieux comprendre les pathologies et de mieux suivre les effets des thérapies.

Côté recherche clinique, plus de 50 essais sont en cours. L’Institut de la Vision coordonne par exemple, dans le cadre du Forfait Innovation, l’essai de la prothèse épirétinienne de Second Sight où 20 patients ont déjà été implantés. Trois essais prometteurs de thérapie génique sont en cours, dont l’un avec Gensight, issue de l’Institut. La prothèse rétinienne de Pixium Vision atteint, en clinique, un nouveau niveau de résolution. Ces résultats reflètent le travail conjoint des équipes publiques et privées. Au sein de l’Institut de la Vision, nous portons l’innovation mais c’est aussi l’innovation qui nous porte. »

Propos recueillis par Anne Pezet pour CommEdition