Entre innovations thérapeutiques et structuration des réseaux de soins, la prise en charge des patients atteints de sclérose en plaques s’est considérablement améliorée, une dynamique qui ne faiblit pas. Explications du Pr Patrick Vermersch, neurologue à l’université de Lille.

La sclérose en plaques (SEP) est une maladie neuro-inflammatoire. Complexe, cette pathologie auto-immune est également neuro-dégénérative. En effet, elle s’attaque à la myéline du système nerveux central dont elle détruit progressivement les neurones. L’organisme peut compenser pendant un certain temps les premières atteintes avant que n’apparaissent les symptômes initiaux de la maladie. Fatigue chronique, troubles thymiques font partie des manifestations d’invalidité et de handicap personnel et social liées à la maladie.

Les traitements ont beaucoup évolué depuis près de vingt ans, particulièrement dans les formes à poussées de la maladie, dites « rémittentes ». Malheureusement, dans les formes progressives, les traitements sont beaucoup moins efficaces. Aujourd’hui, une dizaine de traitements constituent l’arsenal thérapeutique. Immunomodulateurs injectables, puis en comprimés, ont été rejoints par les biothérapies et ensuite par des traitements très spécifiques visant des protéines présentes sur les lymphocytes B et T, principaux acteurs de l’inflammation caractéristique de la SEP.

D’autres traitements sont en passe de venir les rejoindre comme le siponimod, l’ocrelizumab, la cladribine ou encore la biotine.

Parmi ces traitements, tous ne sont pas au même stade de développement, certains demandent encore de faire leurs preuves de manière approfondie, mais tous apportent un espoir supplémentaire aux patients. Cibler une protéine issue d’un rétrovirus, protéger les mitochondries, interagir avec les récepteurs sigma-1 font également partie des pistes explorées, notamment par le Pr Vermersch en partenariat avec le laboratoire Sanofi Genzyme. Si les traitements sont de plus en plus efficaces, ils ne permettent pas encore de restauration du système nerveux. L’objectif est donc de diagnostiquer le plus précocement, pour contrôler la maladie et ralentir au maximum l’apparition des lésions, limitant ainsi le handicap des patients. Pour cela, les outils diagnostiques sont l’IRM et une sensibilisation de tous les médecins généralistes et spécialistes (rhumatologues, urologues, ophtalmologues, etc.).  Potentiellement consultés pour des symptômes de la SEP, les spécialistes doivent être en mesure d’identifier la maladie et d’orienterles patients vers un neurologue.

L’état de santé des patients dépend de la rapidité de la prise en charge. Les réseaux de prise en charge ont également connu une structuration notable favorisant la prise en charge multidisciplinaire, à travers la création des centres ressources et compétences. Des progrès importants mesurés entre autres dans la cohorte OFSEP, l’Observatoire français de la sclérose en plaques.

Propos recueillis par G.Hauray

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