
Cette maladie silencieuse, fréquente et potentiellement sévère, reste encore largement sous les radars des politiques de santé. Face à cet enjeu de santé publique, l’heure est à l’action collective.
La MASH, ou stéatohépatite associée à un dysfonctionnement métabolique, est une forme évolutive de la stéatose hépatique métabolique (surnommée « maladie du foie gras »). Cette maladie du foie est liée à une accumulation de graisse et à une inflammation chronique. Elle peut évoluer vers une fibrose et prendre des formes plus sévères, notamment chez les personnes atteintes d’obésité ou de diabète.
En France, si près de 500 000(1) personnes sont atteintes d’une MASH avec fibrose modérée à avancée, cette maladie reste peu connue et ne bénéficie pas d’un parcours de soins structuré pour les patients à risque.
Alors que des outils non invasifs(2) permettent aujourd’hui d’évaluer la fibrose du foie sans recourir à la biopsie du foie, la MASH reste largement sous-diagnostiquée en France : pour les formes à risque associées à une fibrose significative, seuls environ 14 % des patients seraient diagnostiqués. « Les outils non invasifs permettent d’identifier plus tôt les patients à risque de fibrose avancée, de les orienter et de contribuer à leur suivi », indique Romain Baujard, PDG d’Echosens.
Outre une altération de la qualité de vie, les complications dues à la MASH peuvent être sévères : une progression vers la cirrhose, l’insuffisance hépatique ou le cancer du foie, pouvant nécessiter une transplantation hépatique avec un impact économique significatif sur le système de santé.
C’est dans ce contexte qu’est née l’« Initiative Santé du Foie & MASH », portée par trois membres fondateurs : SOS Hépatites & Maladies du foie, Echosens et Madrigal Pharmaceuticals, portant respectivement la voix des patients, de l’évaluation non invasive de la santé du foie et de l’innovation thérapeutique.
Son ambition ? Fédérer l’écosystème pour faire sortir la MASH de cet angle mort. « La MASH ne doit pas rester invisible. Les patients doivent être informés, diagnostiqués et accompagnés plus tôt », souligne Pascal Melin, président de SOS Hépatites & Maladies du foie.
Alors que la prévention devient centrale dans les politiques de santé publique, et que des solutions diagnostiques et thérapeutiques sont disponibles, l’Initiative appelle à se saisir de ces leviers pour mieux faire connaître la MASH, repérer et soigner les patients les plus à risque et contribuer à structurer en France un parcours de soins adapté à la MASH. « Nous avons toutes les clés en main pour améliorer la prise en charge des patients », conclut Fabienne Delaplace-Lavoix, directrice générale de Madrigal France. • S. M.-G.
NOTES
(1) Loomba R, Adams L. Hepatology. 2019;70(6):1885-1888.
(2) Notamment le FibroScan®.
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TÉMOIGNAGE PATIENT
QUAND LA MASH AVANCE MASQUÉE
Connaissez-vous la stéatohépatite associée à un dysfonctionnement métabolique, ou MASH ? Cette maladie silencieuse et sournoise peut se manifester sans préavis.Plongée dans le parcours de Christian, patient atteint de MASH.
En apparence, rien ne prédisposait Christian à être atteint d’une MASH : jeune retraité, sportif, très légèrement en surpoids, non-fumeur, consommateur occasionnel d’alcool et sans diabète avéré. Pourtant, un bilan sanguin de routine prescrit par son médecin généraliste révèle un mauvais bilan hépatique.
Son parcours met cependant en lumière l’importance des habitudes alimentaires : pendant près de quarante ans, Christian a régulièrement goûté des confiseries dans le cadre de son activité professionnelle et consommé des boissons sucrées. Cette exposition a pu contribuer à son risque métabolique, sans pouvoir expliquer à elle seule une maladie qui reste multifactorielle.
Une illustration de la complexité de la MASH, insidieuse et mal connue. Christian confie : « Personne ne se doute que le sucre peut engendrer de tels problèmes sur le foie. » Redirigé vers un spécialiste, il passe à l’hôpital des examens complémentaires, dont une biopsie hépatique, qui permettent de poser le diagnostic. S’ensuivent accompagnement diététique, éducation thérapeutique et suivi au long cours.
Christian précise : « Ça fait douze ans que je suis suivi par mon spécialiste, qui m’a expliqué que l’objectif était de stabiliser la maladie et d’éviter son aggravation grâce à une alimentation adaptée et à une activité physique régulière. » Son témoignage illustre l’un des enjeux de la MASH : la rendre plus visible pour mieux la détecter et la prendre en charge. • S. M.-G.









