En croissance dans tous les pays du monde, le diabète mobilise des moyens considérables pour lutter contre ce mal insidieux. Avec l’espoir, un jour, de mettre au point le pancréas artificiel.

Un adulte sur onze dans le monde est atteint de diabète. Une statistique saisissante, qui témoigne de l’importance de cette maladie et de sa prévalence croissante. L’OMS, qui tire depuis longtemps la sonnette d’alarme sur l’« épidémie silencieuse », estime que plus de 700 millions de personnes pourraient en être atteintes en 2045, contre 463 millions aujourd’hui. En France, comme dans les autres pays développés, la lutte contre le diabète reste une priorité de santé publique, alors que 3,3 millions de Français sont touchés, et que 400 nouveaux cas se déclarent chaque jour.

Caractérisé par un défaut de production de l’insuline dans le pancréas, le diabète compte deux formes principales. Le « type 1 » est une maladie génétique : le corps ne produit pas ou peu d’insuline. Il touche 10 % des patients diabétiques, avant l’âge adulte, et les oblige à se placer sous « insulinothérapie » : des injections quotidiennes d’insuline doivent être effectuées pour permettre de contrôler le taux de sucre dans le sang.

Le « type 2 » (90 % des malades) se déclare le plus souvent après 40 ans. Il est lié à une alimentation trop grasse et trop sucrée et à une trop grande sédentarité : le « capital » insuline du pancréas tend à s’épuiser ou les cellules ne répondent plus aux effets métaboliques de l’insuline produite. 80 % des cas de diabète de type 2 sont pourtant jugés évitables, grâce à une meilleure alimentation et à la pratique d’une activité physique. Soif intense, envie fréquente d’uriner, troubles de la vision, perte de poids, faim exagérée… Ces symptômes doivent mettre en alerte. Le dépistage s’effectue par le biais d’une prise de sang dans un laboratoire de biologie. Il va permettre de déterminer le taux de sucre dans le sang. Dans le diabète de type 2, lorsque le diagnostic est posé, le patient entre dans un long parcours thérapeutique. Tous les trois mois, il faut procéder à la mesure de la glycémie en laboratoire. Des mesures hygiéno-diététiques doivent être appliquées (alimentation, exercice physique), auxquelles s’ajoute la prise de médicaments visant à réduire le taux de sucre dans le sang. Une nouvelle vie s’ouvre alors, avec la nécessité d’équilibrer sa glycémie de façon constante, afin de retarder ou d’éviter le passage à l’insulinothérapie.

Plus que le diabète, ce sont les maladies associées qui constituent le vrai danger. En cas de déséquilibre persistant, le risque est élevé d’être atteint de complications cardio-vasculaires, d’insuffisance rénale, de cécité ou d’amputation des membres inférieurs. Mais, grâce aux progrès thérapeutiques et technologiques, il est possible pour un malade de vivre normalement, au prix d’une surveillance constante de sa santé et d’une discipline de vie basée sur une alimentation adaptée et la pratique d’une activité physique régulière.

Stéphane Corenc

Article extrait du dossier Grand Angle spécial Diabète réalisé par CommEdition, parution dans Le Monde daté du 14 novembre 2021.

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