
Le risque cardiovasculaire dû à l’excès de cholestérol est-il suffisamment connu du public ?
Non, et les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon Santé publique France, environ 50 % des patients atteints d’hypercholestérolémie n’ont pas connaissance de leur situation. Ces dernières années, cette méconnaissance de la pathologie a pu affaiblir le signal d’alerte associé à un taux de cholestérol trop élevé et à la nécessité de le réduire lorsque cela est nécessaire. Pourtant, les données s’accumulent : une exposition durable et intense à l’hypercholestérolémie favorise la formation de plaques d’athérome, à l’origine de maladies graves pouvant engager le pronostic vital. L’infarctus du myocarde touche encore de 80 000 à 100 000 personnes par an, avec 4 à 10 % de décès au bout d’un mois.
On parle souvent de la mortalité cardiovasculaire. Mais quelles sont les conséquences pour les personnes qui survivent à un événement cardiovasculaire ?
En effet, les maladies cardiovasculaires ne se résument pas à leur mortalité, aussi importante soit-elle. Les patients rescapés d’un évènement cardiovasculaire peuvent en subir les conséquences avec un impact durable et marqué sur leur qualité de vie. Par exemple, après un AVC, le chemin de la récupération est souvent long et difficile. Les patients doivent modifier profondément leurs habitudes de vie, d’autant que le risque de récidive ou d’évolution vers des maladies chroniques invalidantes demeure. Et les proches sont eux aussi confrontés aux conséquences de la maladie, devant souvent adapter leur quotidien. Enfin, les maladies cardiovasculaires, premier poste de dépenses de l’Assurance-Maladie parmi les pathologies chroniques, pèsent lourdement sur la société. Outre leur coût, elles ont de fortes répercussions sur la vie sociale et professionnelle des personnes concernées et de leur entourage.
Que faut-il faire pour améliorer la prévention des maladies cardiovasculaires ? Il faut sensibiliser encore et toujours aux différents risques entraînés par un excès de cholestérol, diffuser une meilleure information et placer la lutte contre les maladies cardiovasculaires au cœur des programmes de prévention en santé. La loi adoptée cet été constitue un premier pas décisif. Nous attendons maintenant une stratégie nationale pluri-annuelle spécifique, allant de l’information éclairée des citoyens, en passant par le renforcement des actions de prévention et de dépistage, sans oublier la mise à disposition des innovations de santé au bénéfice des patients.
Propos recueillis par Antoine Combier

















