Face à la forte prévalence des maladies cardiovasculaires, l’effort de prévention doit être démultiplié, alors que 40 à 60 % d’entre elles peuvent être évitées… ou mieux contrôlées.

Cent quarante mille décès par an, soit un décès sur cinq… 1,2 million d’hospitalisations par an… 17 millions de Français hypertendus… 15 millions de personnes suivies chaque année… ces quelques chiffres illustrent le fléau majeur de santé publique représenté par les maladies cardiovasculaires. En dépit des progrès constants de la science médicale, l’incidence de ces pathologies est appelée à augmenter statistiquement, en raison du vieillissement de la population, mais également de la persistance de facteurs de risque en population générale. Tabagisme, sédentarité, malnutrition… aux comportements à risque s’ajoutent des causes environnementales, mais dont les effets restent difficiles à évaluer. La pollution et ses impacts sur la qualité de l’air joue un rôle majeur, de même que l’exposition à certains types de polluants. Enfin, les affections cardiovasculaires sont fortement corrélées à d’autres pathologies chroniques, comme le diabète, l’insuffisance rénale et les maladies respiratoires. Les spécialistes parlent même de maladies interconnectées, partageant le même syndrome dit « cardio-rénal-métabolique ». Les mécanismes biologiques sont analogues, avec un risque d’« effet cascade » lorsque ces maladies ne sont pas contrôlées.

POUR LE SYSTÈME DE SANTÉ, LE COÛT DE PRISE EN CHARGE EST COLOSSAL

Évalué entre 30 et 35 milliards d’euros en 2025, il représente le premier poste de dépenses pour l’Assurance-Maladie. L’enjeu est donc de réduire les dépenses de soins, mais surtout d’éviter l’apparition de ces maladies, grâce à une politique de prévention plus efficace. De 40 à 60 % de la dépense sont en effet considérés comme évitables, en agissant sur les facteurs de risque et en gérant mieux les maladies lorsqu’elles sont installées. C’est le sens de loi votée à l’unanimité le 27 juillet dernier, portée par le député et ancien ministre de la Santé, Yannick Neuder. Plusieurs mesures y sont engagées, comme le renforcement des rendez-vous de prévention, l’élargissement des professionnels concernés (pharmaciens et kinés), un dépistage plus systématique des facteurs de risque (dont la forme familiale de l’hypercholestérolémie dès 6 ans), la promotion de l’activité physique et la lutte accrue contre le tabagisme.

LA BATAILLE CONTRE CES MALADIES DEVRA ÉGALEMENT ÊTRE AU CŒUR DE LA CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE

C’est, en tout  cas, le souhait du Syndicat national des Cardiologues, qui présentait le 11 septembre sa plateforme de propositions.« Les délais d’accès aux spécialistes s’allongent partout en France, expliquait Thierry Garban, son président. Nous devons mieux nous organiser, avec le soutien des pouvoirs publics, pour une prise en charge du bon patient, au bon endroit, dans le bon délai. Et nous proposons également plusieurs mesures pour améliorer la pertinence des soins et une prévention ciblée grâce à un meilleur repérage des facteurs de risque. »

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Antoine Combier


Article extrait du dossier Grand Angle spécial Cardiologie réalisé par CommEdition, parution dans Le Monde daté du 30 septembre 2026.