
La prise en charge de l’obésité doit notamment permettre d’agir plus efficacement contre les pathologies cardio-métaboliques associées. Le point avec Anne-Sophie Joly, présidente du Collectif national des associations d’obèses (CNAO). cardio-métaboliques.
L’obésité est associée à de nombreuses pathologies chroniques, en particulier cardio-métaboliques. Quel regard portez-vous sur la prise en charge des patients ?
L’obésité expose les patients à près d’une vingtaine de maladies graves, comme le diabète, l’hypertension, l’insuffisance cardiaque ou rénale, qui réduisent l’espérance de vie. Malgré des progrès, la prise en charge doit encore être améliorée. L’enjeu prioritaire est de mieux former les professionnels de santé de proximité, notamment pour détecter les symptômes et surveiller les facteurs de risque. Trop souvent, encore, les effets du surpoids sur l’état de santé des patients sont sous-estimés. Des signes comme des chevilles gonflées, des troubles du sommeil ou une fatigue accrue doivent alerter et conduire à des examens complémentaires. Un diagnostic précoce permet de prévenir les complications et d’engager un parcours de soins global pour agir contre le surpoids, mais également contre l’ensemble des facteurs de risque.
La lutte contre l’obésité est-elle emblématique de la nécessité de transformer notre système de santé ?
La 2e édition des États généraux de l’Obésité, organisés par le CNAO, confirme l’engagement des autorités contre ce fléau sanitaire. La publication en janvier de la feuille de route 2026-2030 en témoigne, qui vise à mieux accompagner les patients, à structurer les parcours de soins, à renforcer la formation des professionnels et à réduire les inégalités. Cependant, la lutte contre l’obésité reste encore trop limitée au champ du soin. Nous devons faire de ce combat un enjeu de société, porté à l’échelle interministérielle, irriguant plusieurs politiques publiques. Des modalités pour tous les professionnels de santé doivent être renforcées et réformées pour les inciter à s’impliquer davantage dans la prévention. De même, il faut, à notre sens, investir dans l’éducation et la sensibilisation des plus jeunes.
Pierre Mongis
Photo : © CNAO / DR
Article extrait du dossier Grand Angle spécial Innovation en santé réalisé par CommEdition, parution dans Le Monde daté du 25 avril 2026.

















