
La prévention des infections chez le nourrisson est un enjeu majeur, spécialement durant ses premières semaines. Fidèle à son héritage, MSD développe des solutions préventives adaptées à tous les enfants. Explications de Lamia Boudiaf, directrice des Affaires médicales MSD France.
Quelle contribution MSD apporte-t-il dans la prévention des infections chez l’enfant ?
Depuis cent trente ans, MSD se mobilise pour développer des moyens de prévention qui font reculer des maladies aux lourdes conséquences pour la santé publique. Nous avons été pionniers, avec la mise à disposition des premiers vaccins contre la variole, la rubéole, la rougeole, le papillomavirus ou encore Ebola. Aujourd’hui, nous sommes présents avec plus de 10 vaccins qui contribuent à lutter contre 15 maladies infectieuses à tous les âges de la vie. En pédiatrie, notre priorité est d’apporter des réponses adaptées aux besoins spécifiques du nourrisson, au moment où il est le plus vulnérable. Nous poursuivons cette ambition avec le développement de nouvelles solutions préventives, outre les vaccins, conçues pour protéger les enfants dès leurs premières semaines de vie, notamment dans le VRS.
Comment votre engagement se traduit-il dans la lutte contre le VRS ?
Le VRS est l’une des principales causes d’infections respiratoires chez le nourrisson, avec un impact important pour les familles comme pour le système de soins. La prévention reste donc essentielle pour protéger tous les nourrissons, y compris ceux qui sont nés en dehors de la saison du VRS. Dans ce domaine, MSD se mobilise pour contribuer à apporter de nouvelles solutions préventives innovantes, efficaces, avec pour ambition d’aider les professionnels de santé dans leur pratique quotidienne.
Propos recueillis par Christine Fallet
Pédiatrie : élargir la prévention des infections à VRS

Les avancées dans la protection des nourrissons face au virus respiratoire syncytial (VRS) permettent aujourd’hui de réduire la gravité des infections, notamment la bronchiolite. Cependant, il faut encore progresser pour que tous les nourrissons nés avant la saison hivernale soient protégés. Éclairage du Pr Jacques Brouard, pédiatre au CHU de Caen.
Comment les infections à VRS se manifestent-elles chez les nourrissons ?
Le VRS est responsable de nombreuses atteintes respiratoires, en particulier la bronchiolite (60 % des identifications virales). Mais la bronchiolite n’est pas synonyme de VRS : elle peut être liée à d’autres virus pneumotropes (rhinovirus, métapneumovirus…). Le VRS infecte tous les nourrissons avant l’âge de 2 ans et 30 % des nourrissons infectés présenteront une bronchiolite, sachant qu’en France de 2 à 3 % des moins de 1 an sont hospitalisés (environ 40 000 cas par an). Selon les études, seuls 20 % des nourrissons hospitalisés présentent des comorbidités et 12 % sont prématurés. Ainsi, tous les enfants, même sains, et pas seulement les plus fragiles, peuvent faire des formes sévères, d’où l’importance de protéger tous les nourrissons. Le VRS n’entraîne pas que la bronchiolite : il est aussi responsable d’otites moyennes aiguës, avec une surconsommation d’antibiotiques inutiles, et d’un surrisque d’asthme préscolaire.
Le VRS infecte tous les nourrissons avant l’âge de 2 ans
Quel est l’impact du VRS sur le système de santé ?
Une étude de cohorte européenne avec la participation de la France (BRICE study), menée juste avant l’arrivée des traitements préventifs, a montré une durée médiane d’hospitalisation de cinq jours, avec de 10 à 20 % des enfants admis en réanimation, pour un coût moyen de 4 500 € par nourrisson. Pour les parents, la charge est lourde : 60 % perdaient des journées de travail, sans compter l’anxiété. Pour le système de soins, on observe une saturation des services de pédiatrie et d’urgence et une médecine de ville engorgée.
De quels moyens de prévention dispose-t-on ?
Deux stratégies sont possibles, en complément des mesures barrières, l’hygiène et l’éviction du tabagisme passif. Soit l’administration d’anticorps monoclonaux anti-VRS à longue demi-vie (immunisation passive), par injection intramusculaire à la maternité, pour les nourrissons nés juste avant et pendant l’hiver. Pour ceux nés en amont (février à août), un rattrapage en ville est nécessaire mais mal appliqué : près de 50 % ne bénéficient pas de cette injection et demeurent exposés, les raisons seraient le manque d’information ou des difficultés d’accès. Soit l’administration d’un vaccin pendant la grossesse entre la 32e et la 36e semaine d’aménorrhée, en amont de la période épidémique et jusqu’à la fin de cette période, permettant à la mère de transmettre des anticorps à l’enfant. Un délai d’au moins deux semaines entre la vaccination et la naissance est nécessaire ; le recours lors d’une naissance prématurée restera l’administration d’un anticorps monoclonal. Ces deux méthodes ont prouvé leur efficacité : une réduction des hospitalisations d’environ 80 % et une bonne tolérance.
Quelles seraient les priorités pour la prochaine saison VRS?
L’une des priorités est d’améliorer le rattrapage pour les nourrissons nés hors saison, pour lequel le rôle de la médecine de premier recours est essentiel.
Propos recueillis par Christine Fallet
En partenariat avec MSD – FR-CMM-00924 – Juin 2026
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Article extrait du dossier Grand Angle spécial Pédiatrie réalisé par CommEdition, parution dans Le Monde daté du 11 juin 2026.















