Diabète de type 1 : mieux comprendre d’évolution de la maladie chez l’enfant


La compréhension des mécanismes à l’origine du diabète de type 1 (DT1) auto-immun permet de mieux caractériser les différents stades d’évolution de la maladie. Le point avec le Dr Amar Bahloul, directeur médical Diabète, Sanofi France.

Que sait-on aujourdhui sur le diabète de type 1 ?

Le DT1 est une maladie auto-immune au cours de laquelle le système immunitaire détruit progressivement les cellules bêta du pancréas, responsables de la production d’insuline. En France, plus de 200 000 personnes vivent avec un DT1, dont environ 30 000 enfants. Chaque année, près de 3 000 nouveaux cas pédiatriques sont diagnostiqués, faisant du diabète de type 1 l’une des maladies chroniques les plus fréquentes chez l’enfant. Dans 90 % des cas, aucun antécédent familial n’est retrouvé. Trois stades sont identifiés : le premier et le deuxième stade sont asymptomatiques et caractérisés par la présence dans le sang d’au moins deux auto-anticorps. La différence entre les stades est la glycémie : normale dans le premier stade et anormale dans le second stade, témoignant de la réduction progressive de la masse des cellules bêta. Il peut se passer des mois, voire des années, avant que n’apparaisse le stade 3 « clinique », caractérisé par une hyperglycémie nécessitant un traitement par insuline.

Comment se fait le diagnostic ?

Le diagnostic intervient le plus souvent lorsque les signes cliniques sont présents (stade 3) avec une évolution parfois rapide chez l’enfant et un risque élevé de complications sévères. Environ un enfant sur deux est diagnostiqué lors d’une acidocétose, une urgence potentiellement mortelle nécessitant une prise en charge rapide. Certains signes doivent alerter : soif intense, urines fréquentes, fatigue inhabituelle et perte de poids inexpliquée. En cas de doute, une consultation médicale est essentielle.

Est-il possible de repérer la maladie avant lapparition des symptômes?

Oui, grâce à une prise de sang permettant le dosage des auto-anticorps anti-îlots (IAA, GAD, IA-2 et ZnT8). Ce dépistage, réalisé avec l’accord des familles, est particulièrement pertinent chez les enfants ayant un parent ou un frère/sœur diabétique, car cela multiplie le risque par dix environ. La présence d’au moins deux auto-anticorps signe l’entrée dans la maladie et ce dépistage permet aux familles d’anticiper l’évolution vers le stade clinique, de bénéficier d’un suivi et d’une éducation adaptée, et de réduire les complications d’une éventuelle acidocétose diagnostiquée dans l’urgence.


Propos recueillis par Christine Fallet



En partenariat avec Sanofi Winthrop Industry – MAT-FR-2602134 – 06/26
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Article extrait du dossier Grand Angle spécial Pédiatrie réalisé par CommEdition, parution dans Le Monde daté du 11 juin 2026.